Le patriarche orthodoxe russe défend ses liens avec le Kremlin

Mis à jour le 28.09.12 à 16h17

Le patriarche Cyrille, primat de l'Eglise orthodoxe russe, a défendu vendredi, de manière implicite, la politique de rapprochement avec l'Etat engagée mutuellement avec le président Vladimir Poutine, la jugeant bénéfique pour la société. Selon Cyrille, l'Eglise orthodoxe ne sort pas de son rôle en soutenant une institution qui exerce un pouvoir temporel, car cela permet la coexistence pacifique des membres d'une société «propice au pêché». 

«Un soutien clair et très marqué de l'Eglise orthodoxe à l'institution de (...) l'Etat ne signifie pas l'appui de tel ou tel responsable politique par tous les représentants» de l'institution religieuse, a-t-il déclaré devant l'université d'Etat de Moscou. Malgré sa formation communiste, Vladimir Poutine, un ancien responsable du KGB, a constamment défendu des liens rapprochés entre l'Etat et l'Eglise orthodoxe depuis son arrivée au pouvoir en 2000, même s'il a également plaidé pour la liberté de culte.

La condamnation à deux ans de prison de trois membres du groupe féministe "Pussy Riot" pour avoir chanté un simulacre de prière hostile à Vladimir Poutine dans une cathédrale (voir ) a relancé le débat sur les liens entre les deux institutions, alors que 70% des Russes se disent orthodoxes, même si une grande partie ne sont pas pratiquants. Le patriarche Cyrille n'a cité explicitement ni Vladimir Poutine ni les Pussy Riot dans son intervention de vendredi.

Egalement alarmée par l'assassinat d'un chef spirituel soufi dans la République du Daghestan, la Douma, la chambre basse du Parlement, prépare un texte qui prévoirait des peines allant jusqu'à trois ans de prison pour toute personne qui offenserait les sentiments religieux.

Avec Reuters
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