Touraine veut moins de médicaments, s'en remet à l'Agence nationale de sécurité du médicament

Mis à jour le 14.09.12 à 09h04

Le gouvernement veut inciter les Français à consommer moins de médicaments mais il ne prendra pas de décision immédiate et s'en remet à une agence indépendante censée mesurer l'intérêt thérapeutique des produits, a dit ce vendredi Marisol Touraine. La ministre de la Santé s'exprimait au lendemain de la médiatisation d'un livre de deux médecins réputés qui affirment qu'un médicament sur deux ne sert à rien et que 5% sont potentiellement dangereux.

Les trois quarts de ces produits sont pourtant remboursés par la Sécurité sociale. Sur Europe 1, Marisol Touraine a pris ses distances avec cet ouvrage. «Je ne crois pas qu'on puisse régler des problèmes aussi importants par des livres médiatiques», a-t-elle dit. «Nous devons faire en sorte d'inciter les Français à consommer moins de médicaments», a-t-elle ajouté, précisant cependant immédiatement qu'il n'y aurait aucune décision gouvernementale.

«Si abus il y a, ils doivent être évidemment sanctionnés»

«Il y a une agence indépendante, l'Agence nationale de sécurité du médicament, qui passe en revue l'ensemble des médicaments pour évaluer à la fois leurs risques et leurs qualités médicales», a-t-elle dit. Elle appelle donc cette agence à «faire son travail de façon rapide et transparence». Ce dispositif est pourtant critiqué justement par les auteurs du livre, qui estiment que l'industrie pharmaceutique exerce une influence problématique, et parlent même de «corruption».

Ce sujet ancien -la France détient de longue date des records de consommation de médicaments- est relancé dans le cadre d'une discussion sur les économies nécessaires pour résorber les déficits publics, où la «Sécu» prend une place, a estimé la Cour des comptes.. Sur les sources identifiées par la Cour des comptes, Marisol Touraine n'a pas annoncé de décisions immédiates, comme par exemple pour le transport des malades.

Sur les 3,5 milliards d'euros consacrés à ce poste par l'assurance maladie chaque année, la Cour estime qu'il est possible d'en économiser 450 millions sans dégrader les soins. «Si abus il y a, ils doivent être évidemment sanctionnés et empêchés», a dit la ministre. Sur les retraités, que la Cour propose de taxer davantage, la ministre écarte aussi toute décision et renvoie le sujet à un «Haut conseil pour le financement de la protection sociale».

Reuters
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr