Les forces de sécurité libanaises ont libéré dans la nuit de lundi à mardi quatre Syriens retenus en otage dans une banlieue du sud de Beyrouth par le clan chiite Meqdad, qui les avait enlevés le mois dernier en représailles au rapt d'un de ses membres à Damas par les insurgés de l'Armée syrienne libre (ASL).
Le clan Meqdad avait déjà libéré les seize autres réfugiés syriens qu'il avait enlevés en août, mais détient toujours un homme d'affaires turc. Selon Maher Meqdad, porte-parole du clan, l'otage turc a été blessé par balles dans l'opération, mais un responsable de l'ambassade de Turquie a affirmé que l'homme d'affaires était en bonne santé.
L'armée libanaise a annoncé avoir libéré les quatre derniers otages syriens lors d'une opération dans une banlieue de Beyrouth, contrôlée par le groupe armé chiite Hezbollah, allié de Bachar al-Assad. Les enlèvements de ressortissants étrangers inquiètent de plus en plus le Liban, qui craint un débordement du conflit entre la rébellion syrienne à majorité sunnite, et le gouvernement du président Bachar al-Assad, dominé par les alaouites, une dissidence du chiisme.
Les quatre otages libérés ont affirmé à la chaîne de télévision MTV Liban qu'ils avaient été torturés par la branche armée du clan Meqdad, afin de leur faire avouer leur appartenance supposée à la rébellion contre Bachar al Assad.
L'un d'eux, identifié comme Mohammed, a dit avoir été battu, électrocuté et enfermé dans un cercueil pendant 15 jours de torture, avant des aveux forcés sur la télévision locale Al Mayadeen.
«Ils m'ont fait passer sur Al Mayadeen et ils m'ont fait dire des choses que je n'aurais pas dû dire", a-t-il raconté. "Ils voulaient que je dise appartenir à la révolution contre l'armée apostate d'Assad, les alaouites et les chiites.»