Un gendarme jugé en appel pour le meurtre d'une étudiante lilloise en 1995

PROCÈS En première instance, l’accusé avait été condamné à trente ans de réclusion criminelle…

M.L. avec AFP

— 

Le Tribunal de grande instance de Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais.

Le Tribunal de grande instance de Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais. — G.Durand / 20 Minutes

  • Le gendarme avait été identifié par son ADN 17 ans après les faits.
  • En 2016, il avait été reconnu coupable et condamné à 30 ans de prison.

A partir de mercredi, la cour d’Appel de Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais, va juger Lylian Legrand, un gendarme de Nice, pour le meurtre d’une étudiante à Lille en 1995. L’accusé avait été condamné à 30 ans de réclusion criminelle en première instance.

Le 24 mai 1995, Stéphanie Fauviaux, 18 ans, avait été découverte, par la police, étranglée, vêtue d’un peignoir ouvert, dans la baignoire de l’appartement qu’elle partageait avec une amie dans le centre de Lille.

Après 17 ans d’enquête et grâce aux progrès de la science, l’ADN de Lylian Legrand avait été identifié sur le peignoir de la victime. Aux enquêteurs, abandonnant son alibi de départ, ce militaire de Nice avait avoué une relation sexuelle avec la victime ce matin-là, expliquant que Stéphanie Fauviaux était morte en tombant. Dans une autre version, il avait confirmé la relation sexuelle, mais avait assuré que la jeune fille était en vie quand il avait quitté l’appartement.

Condamné à 30 ans de prison

Devant les assises du Nord, à Douai, en octobre 2016, le gendarme avait affirmé tout au long de son procès qu’il faisait des travaux chez ses parents à La Couture, dans le Pas-de-Calais, à 30 km de Lille. Pour justifier ses précédents aveux, il avait dénoncé la « pression des enquêteurs » et une « mauvaise stratégie de défense » mise en place par son avocat de l’époque. Il avait néanmoins été reconnu coupable et condamné à 30 ans de réclusion criminelle.

Pour l’avocat de la famille de Stéphanie Fauviaux, maître Gildas Brochen, « ses aveux circonstanciés font qu’il n’y a pas vraiment de doute » dans l’esprit de ses clients « quant à sa culpabilité ». Lors de ce nouveau procès, doit s’achever le 20 décembre, l’accusé « peut encore nous apporter une nouvelle version puisque c’est ce qu’il a fait en garde à vue, à l’instruction, en première instance », a ajouté l’avocat.