«J’ai rien à voir avec les assassinats commis par mon frère», affirme Abdelkader Merah avant le verdict

PROCÈS Les deux accusés Abdelkader Merah et Fettah Malki qui encourent respectivement la perpétuité et 20 ans de réclusion ont pris une dernière fois la parole ce jeudi...

Helene Sergent

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Abdelkader Merah devant la cour d'assises spécialement composée de Paris.

Abdelkader Merah devant la cour d'assises spécialement composée de Paris. — Benoit Peyrucq/AFP

  • Abdelkader Merah est poursuivi pour «association de malfaiteurs terroriste» et «complicité d'assassinat».
  • Fettah Malki est accusé d'avoir fourni les armes et le gilet pare-balles à Mohamed Merah.
  • Il y a cinq ans, Mohamed Merah assassinait à Toulouse et Montauban trois militaires, un homme et trois enfants juifs.

Une dernière fois, les deux accusés se sont avancés dans le box vitré de la salle Voltaire. Fettah Malki, survêtement du Real Madrid sur le dos, poches gonflées sous les yeux, encourt 20 ans de prison pour avoir fourni à Mohamed Merah l’arme utilisée lors des tueries de Toulouse et Montauban.

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À ses côtés, Abdelkader Merah, frère aîné du « tueur au scooter » pourrait être condamné ce jeudi à une peine de prison à perpétuité. Poursuivi pour « association de malfaiteurs » et « complicité d’assassinats », il est accusé d’avoir « sciemment » encouragé son cadet à commettre en mars 2012 les assassinats visant des militaires et le lycée juif Ozar Hatorah.

Les avocats d'Abdelkader Merah ont plaidé mardi 31 octobre l'acquittement.
Les avocats d'Abdelkader Merah ont plaidé mardi 31 octobre l'acquittement. - LIONEL BONAVENTURE / AFP

« Mon cœur pleure ces victimes »

Dans une salle bondée, le président de la cour d’assises de Paris spécialement composée a donné aux accusés une ultime occasion de s’exprimer. Fettah Malki est le premier à prendre la parole. Ses mots, parfois maladroits ont été exclusivement dédiés aux proches des victimes. « Je voudrais dire aux familles des victimes que j’ai entendu leur désolation et je voudrais leur dire que je communique, que je compatis avec leur douleur. Pendant ces 5 semaines de procès, j’ai entendu leurs témoignages qui m’ont ému, qui m’ont touché au plus profond », a-t-il lancé en adressant des regards discrets aux parties civiles.

Comme ses avocats mardi lors de leurs plaidoiries, le Toulousain a répété qu’il n’a « à aucun instant (…) pu penser, imaginer que Mohamed allait commettre une telle atrocité ». À la fin de sa courte déclaration, il a confié « sa souffrance » et « son cœur qui pleure ces victimes ». Grand oublié du procès - la quasi-totalité des audiences se sont concentrées sur le cas d’Abdelkader Merah - Fettah Malki a « demandé pardon ». « J’ai compris leur colère et je demande pardon. Ce pardon est sincère, et j’espère qu’ils me pardonneront », a-t-il lâché, la voix brisée par l’émotion.

« Avec votre intime conviction »

Très attendue, la dernière déclaration d’Abdelkader Merah aura duré moins de cinq secondes. Lunettes relevées sur le front, chemise blanche impeccable, le frère aîné de Mohamed Merah a martelé ce qu’il n’a cessé de déclarer à l’audience : « J’ai rien à voir avec les assassinats commis par mon frère ». Sur le banc des parties civiles, la sœur d’un des militaires tués à Montauban lâche : « C’est pas vrai ! ». L’accusé reste stoïque, puis se rassoit.

La cour, composée de cinq magistrats professionnels s’est retirée aux alentours de 10h. Ils ont désormais la lourde tâche de répondre « avec leur intime conviction » aux 87 questions permettant de reconnaître la culpabilité des accusés ou de les acquitter. Leur décision devrait être annoncée en fin de journée.

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