Un Congolais de 54 ans qui se savait porteur du VIH a été condamné mercredi à six ans de prison ferme par la cour d’assises de Seine-Saint-Denis pour avoir contaminé, en connaissance de cause, sa conjointe, également mère de ses deux enfants.

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L’homme, qui comparaissait libre, était accusé d’avoir « volontairement administré des substances nuisibles ayant entraîné une infirmité permanente » de sa compagne, aujourd’hui âgée de 37 ans : en l’occurrence, lui avoir transmis par voie sexuelle le virus du sida alors qu’ils vivaient en concubinage et étaient même mariés religieusement, entre 2005 et 2010, à Saint-Ouen.

« Je l’ai fait par amour, parce que j’avais peur de la perdre »

Elle aussi d’origine congolaise, la victime avait découvert sa séropositivité en 2009, après la naissance des deux garçons du couple, heureusement sains. Son conjoint lui avait alors révélé qu’il était lui aussi porteur du virus, mais il avait fallu qu’elle fouille dans ses affaires pour apprendre qu’il avait été diagnostiqué dès 1996.

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« Je l’ai fait par amour, parce que j’avais peur de la perdre », avait dit mardi cet homme, qui réside légalement en France depuis 1998, pour expliquer pourquoi il lui avait menti pendant toutes ces années, prenant ses médicaments en catimini et prétendant souffrir d’un souffle au cœur.

« Combien y en aura-t-il encore avant qu’il comprenne la portée de ses actes ? »

Le procès a été marqué par la révélation que l’accusé avait eu un fils avec une femme rencontrée à peu près à la même période que la victime. Pressé de questions, il avait fini par avouer qu’il ne s’était jamais enquis de savoir s’ils étaient en bonne santé. « Combien y a-t-il eu de victimes ? Combien y en aura-t-il encore avant qu’il comprenne la portée de ses actes ? », s’était interrogée la représentante du parquet général.

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Il est probable que l’accusé a été infecté par sa précédente épouse, rencontrée à son arrivée en France en 1991 et qui lui avait elle aussi caché sa maladie. Dans sa plaidoirie, Me Soria Latrèche avait salué le « courage immense » de sa cliente, qui a témoigné à la barre de sa vie brisée. « C’était une femme pleine de vie, active. Aujourd’hui, elle passe ses journées seule, chez elle. Ses amis lui ont tourné le dos et elle ne sait comment l’annoncer à ses enfants. »