Béthune: Procès des deux agresseurs d’un député Front national

PROCÈS Un des prévenus a été condamné et l’autre sera rejugé en raison d’un vice de procédure…

M.L. avec AFP

— 

Ludovic Pajot photographié le 18 juin 2017.

Ludovic Pajot photographié le 18 juin 2017. — Sarah Alcalay/SIPA

  • Le député Front national, Ludovic Pajot, s’est fait agresser par deux hommes à Béthune (Pas-de-Calais) samedi 7 octobre.
  • Les deux hommes ont été jugés par le tribunal correctionnel de Béthune ce mercredi.
  • Un des auteurs a été condamné à 6 mois de prison avec sursis, tandis que le deuxième homme sera rejugé prochainement en raison d’un vice de procédure.

Mercredi, un des auteurs de l’agression du député Front national, Ludovic Pajot, samedi soir à Béthune (Pas-de-Calais), a été condamné à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de la ville. L’autre prévenu sera rejugé en raison d’un vice de procédure.

« Sourire narquois » et « mauvais regard »

Le tribunal a pris en compte le fait que Julien R., 29 ans, ignorait la qualité de député de Ludovic Pajot au moment où il l’a agressé à la sortie d’un bar d’une manchette et d’une balayette, réagissant à un « sourire narquois » et un « mauvais regard » sous le coup de l’alcool. Mais il est allé au-delà des réquisitions du parquet qui avait demandé cinq mois avec sursis.

En revanche, il a fait droit à la demande en nullité de l’avocate d’Antoine B., 28 ans, qui soulevait une infraction dans le code de procédure pénale. Celui-ci avait avoué savoir que Ludovic Pajot (23 ans) était élu FN au moment où il lui a donné un coup de pied dans les jambes et pourchassé, en vain, dans un bar.

>> A lire aussi : Des députés novices nous racontent leur première rentrée parlementaire

Dans les prochaines semaines, soit le parquet réinitialise la procédure en vue d’un nouveau procès, soit « on va faire une citation directe » pour s’assurer qu’il ait lieu, a prévenu maître Maxime Moulin, l’avocat du député, qui était présent à l’audience.

Durant le procès, Antoine B. avait expliqué avoir agressé Ludovic Pajot « parce qu’il fait partie du FN », et que « ces idées me répugnent ». « Je me suis demandé ce qu’un député faisait dans un bar », avait-il ajouté.

« Interdit aux chiens et aux députés FN »

Ce à quoi le conseil du député a répondu, ironique : « Pourquoi un député du Front national serait dans un café populaire ? Peut-être qu’à l’entrée des bars on devrait mettre des pancartes ''Interdit aux chiens et aux députés FN'' ».

Dimanche, Ludovic Pajot a dénoncé avoir « soudainement été pris à partie par un groupe d’individus dont certains se revendiquant de l’extrême gauche antifa », tandis que Marine Le Pen a demandé la « dissolution de ces milices d’extrême gauche ». Mais la notion de violences en réunion n’a pas été retenue par le parquet face à ces agressions séparées dans le temps et l’espace, et aucun des deux prévenus n’est membre d’une organisation antifasciste.