VIDEO. Affaire Fiona: Mais qui est vraiment Cécile Bourgeon?

PROCÈS Accusée des coups mortels ayant conduit à la mort de sa fillette de 5 ans, Cécile Bourgeon a détaillé sa personnalité, à la cour d’assises de la Haute-Loire, mardi…

Vincent Vantighem

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Riom (Puy-de-Dôme), le 5 septembre 2016. Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, arrive à la cour d'assises où est jugé l'homme qui l'a violée en 2012.

Riom (Puy-de-Dôme), le 5 septembre 2016. Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, arrive à la cour d'assises où est jugé l'homme qui l'a violée en 2012. — Thierry Zoccolan / AFP

  • Le procès en appel de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf s’est ouvert.
  • Ils nient tous les deux avoir porté des coups ayant entraîné la mort de Fiona.
  • Le procès doit se tenir jusqu’au 20 octobre où le verdict sera rendu.

Au Puy-en-Velay (Haute-Loire),

Il était un peu plus de 17h, mardi, quand Cécile Bourgeon a proposé de montrer ses jambes à la cour d’assises de la Haute-Loire, au Puy-en-Velay. « Je me les suis scarifiées il y a trois jours. Vous voulez voir ? » Le président de la Cour, Etienne Fradin, l’a interrompue avant qu’elle ne remonte son jean noir. « Non, on va vous croire sur parole… »

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Et c’est tout le problème auquel sont confrontés les douze jurés chargés de juger en appel la mère de Fiona et son ancien compagnon, Berkane Makhlouf, pour les coups mortels ayant entraîné la mort de la fillette sans intention de la donner. Comment croire aujourd’hui « sur parole » ce couple qui, en mai 2013, a menti à la France entière sur la disparition de la fillette ? Et, surtout, lequel des deux faut-il suivre dans son histoire ?

Le prénom de Fiona tatoué sur sa peau

Mardi après-midi, c’était au tour de Cécile Bourgeon d’évoquer la sienne. Moins vindicative qu’en première instance, la trentenaire a tout balayé. Son redoublement en CE2, son amour des animaux, son initiation à la drogue à 16 ans et le 3 décembre 2007 où « vers 16h, 16h05 », elle a mis au monde Fiona. « 51 centimètres, 4,430 kilos. C’était un beau bébé, en bonne santé ».

En évoquant ça, l’accusée se met à pleurer doucement. Mais impossible de savoir si cela relève de sa stratégie de défense ou d’un réel accent de sincérité. Ces détails, elle n’avait pas été capable de les livrer lors du premier procès. Tout comme le fait qu’elle s’était fait tatouer le prénom de Fiona. Normal : cet hommage cutané est tout récent. Mais il a fallu que les parties civiles la relancent plusieurs fois pour découvrir qu’il n’existait pas il y a un an.

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« Votre tentative de suicide, c’est du pipeau… »

Car Cécile Bourgeon a changé. Sur sa peau et dans sa tête. Du moins, c’est ce que sa psychiatre lui a dit en cellule. « Elle me trouve plus ouverte, plus authentique », lâche-t-elle comme si elle cherchait à se persuader elle-même. De quoi envisager un avenir ? « C’est le but de ce travail. De voir si je serais capable de m’occuper de mes autres enfants… »

Pourquoi, dès lors, avoir tenté de mettre fin à ses jours cet été ? Quand la question arrive, l’accusée emmitouflée dans sa veste de jogging rouge se crispe sur la barre. « Vous savez ce qu’on dit, assène Marie Grimaud, avocate de l’association Innocence en danger. Que votre tentative, c’est du pipeau… »

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Personne ne l’a vue avaler la centaine de comprimés qu’elle « coffrait » depuis des semaines. Personne n’a retrouvé la lettre d’adieux qu’elle a laissée dans sa cellule. Et les pompiers ont indiqué qu’elle était restée consciente. « Mais vous voyez où on en arrive là ! », gronde alors Renaud Portejoie, son avocat, choqué qu’on puisse mettre en doute la véracité de cet événement.

« Si votre peine est confirmée, vous êtes dehors le 20 octobre »

La cour en arrive là aujourd’hui car le parquet a fait appel de l’acquittement dont Cécile Bourgeon a bénéficié voilà un an. « De toute façon, j’ai pris perpétuité. Fiona ne reviendra jamais », avait-elle lâché, lundi. « Ma vie est gâchée. Je porte sur mon dos le poids de mes erreurs », a-t-elle ajouté, hier, dans cet exercice de contrition convenu.

Pas pour le président Etienne Fradin. « Mais si votre peine de première instance est confirmée cette fois-ci, vous êtes dehors le 20 octobre. Vous le savez ? » A la barre, l’accusée balbutie un « Non » quasiment inaudible. « Mais si, je sais que vous le savez !, balance le président. On m’a dit qu’on vous l’avait bien expliqué… » Et c’est bien le seul point qui ne fait pas débat dans ce procès.

Suivez en direct la suite du procès sur le compte Twitter de notre journaliste : @vvantighem