Légendes urbaines: Mike, le poulet sans tête

ÉTRANGE out l'été, 20Minutes revient sur ces histoires auxquelles on a envie de croire sans vraiment oser le faire...

Julien Ménielle

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Photo non datée de Mike, le poulet sans tête, qui a vécu entre 1945 et 1947.

Photo non datée de Mike, le poulet sans tête, qui a vécu entre 1945 et 1947. — DR

Elle court, elle court, la légende. Elle a traversé le XXe siècle comme un poulet sans tête traverse la cour d’une ferme. Elle est née en 1945, à Fruita dans le Colorado aux Etats-Unis, où un jeune poulet du nom de Mike aurait survécu pas moins de 18 mois à son exécution durant laquelle un fermier du nom de Lloyd Olsen lui avait pourtant coupé la tête.

Endormi, la tête sous l’aile

C’est le 10 septembre 1945 que le jeune gallinacé est devenu Mike le poulet sans tête. Le petit animal a alors un peu plus 5 mois et ce jour-là, Clara Olsen s’est mis en tête de cuisiner du poulet pour dîner. Son mari Lloyd, envoyé dans la basse-cour, décide que c’est Mike qui va passer à la casserole. Le fermier, soucieux de plaire à belle maman qui vient souper et apprécie le cou de poulet, décide de trancher la tête au ras.

Trop au ras, puisque Lloyd Olsen a la surprise de voir l’animal survivre infiniment plus longtemps que ses congénères. Le lendemain matin, le fermier retrouve Mike endormi, sa tête sous l’aile et décide de l’épargner. Nourrissant le poulet à la pipette, injectant eau et grains directement dans l’œsophage béant de l’animal, Olsen décide alors de tirer profit de son miraculeux gallinacé.

Phénomène de foire

Mike grandit et devient un bon gros poulet bien gras. Lloyd Olsen fait le tour des foires, à 25 cents l’entrée, l’attraction fait le plein et rapporte 4.500 dollars par mois. La belle histoire dure 18 mois, jusqu’à une triste nuit de mars 1947. Alors qu’il est en tournée avec Lloyd Olsen, Mike s’étouffe mystérieusement dans un motel de Phoenix.

«Jamais entendu une histoire pareille», s’étonne Jean-Claude Périquet, le président de la fédération française des associations d'éleveurs de gallinacés et de palmipèdes, joint par 20Minutes. Pour l’homme, «ça ne tient pas debout» car selon lui les poulets «continuent parfois de courir ou se débattre quand on leur coupe la tête, mais ça ne dure jamais plus de deux minutes».

«Nous n’avons jamais pu vérifier l’authenticité de cette histoire»

Face à ce genre de comportements sceptiques, l’histoire raconte que Lloyd Olsen a pris soin de faire examiner son Mike par des scientifiques de l’Université d’Utah à Salt Lake City. Ces derniers auraient établi que la hache, évitant le cou, aurait épargné le tronc cérébral et la carotide, et qu’un caillot aurait empêché le poulet de se vider de son sang.

«Même si beaucoup de gens en ont entendu parler, nous n’avons jamais pu vérifier l’authenticité de cette histoire», indique à 20Minutes Lee Siegel, de l’Université d’Utah. Le service scientifique a en effet fouillé dans ses archives à la recherche de documentation, en vain. Ce qui n’empêche pas, tous les ans depuis 1999, la ville de Fruita de célébrer le Mike the headless chicken festival en accueillant tous ceux qui veulent croire à cette histoire sans queue ni tête.

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