Inde : Le Critterati, premier hôtel de luxe pour chiens

ANIMAUX Des mets raffinés, des draps de velours et de la bière sans alcool…

20 Minutes avec AFP

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Les chiens ont accès à la piscine.

Les chiens ont accès à la piscine. — SAJJAD HUSSAIN / AFP

Voici une nouvelle qui devrait ravir les maîtres gagas de leurs petites boules de poils et qui ne peuvent rien leur refuser. Le premier hôtel de luxe pour chiens existe enfin ! Le Critterati est le premier de ce genre en Asie du Sud, les toutous y agitent leur queue de plaisir : lits douillets, spa, vétérinaire 24h/24, bières sans alcool importées de Belgique… tout y est pour ravir ces clients à quatre pattes.

Des petits privilégiés

À Gurgaon, ville-satellite de New Delhi, saint-bernards, labradors et Lhassa apsos goûtent à des délices dont n’oseraient même pas rêver les 30 millions de chiens errants émaciés que compte l’Inde. Les animaux de compagnies privilégiés, eux, n’auront pas à aller fouiller les poubelles pour se nourrir. « Aucun propriétaire décent de chien ne voudrait laisser son animal dans ces endroits », explique Deepak Chawla, l’homme d’affaires qui a fondé cet établissement dont les portes ont ouvert il y a quatre mois.

Ici, on appelle les propriétaires d’animaux des « parents ». Le client poilu qui se tient à l’horizontale, a accès à un café, une piscine, des séances de coiffure et des massages ayurvédiques. Avec des suites facturées jusqu’à 70 dollars la nuit, cet hôtel est un chenil haut de gamme, au confort bien supérieur à ce que l’on trouve ailleurs. La suite la plus grande offre un lit géant avec une tête de lit recouverte de velours, une télévision et une trappe donnant accès à un balcon privé. À la cafétéria, outre les mets traditionnels comme du poulet accompagné de riz, les canidés peuvent choisir entre muffins, pancakes et glaces. Le parfum bacon est très prisé.

Les chiens sont toilettés et coiffés.
Les chiens sont toilettés et coiffés. - SAJJAD HUSSAIN / AFP

Câlinant son labrador, Ashish Arora, cadre d’une chaîne d’hôtellerie, dit ne pas regarder à la dépense pour son Rubo adoré - qui a un faible pour le jus de coco et du poulet. « Je dépense pas mal », admet-il. « Ça m’est égal, c’est comme dépenser de l’argent pour un enfant. L’argent n’est pas quelque chose d’important, et ceci en vaut la peine », témoigne-t-il.

Tout un programme

Deepak Chawla souligne que dans les chenils standards, les animaux peuvent être laissés seuls pendant de longues heures. Alors qu’au Critterati, pas question de laisser le client s’ennuyer une seconde. Les employés de l’hôtel sont aux petits soins pour lui. La journée « commence à 7 heures du matin avec une pause pipi, puis le petit-déjeuner, puis à nouveau une pause pipi, ensuite des sessions de jeu pendant environ deux heures, puis un peu de nage, puis de nouvelles sessions de jeu, plus du temps au café », décrit Deepak Chawla.

Une literie confortable est mise à disposition des canidés.
Une literie confortable est mise à disposition des canidés. - CRÉDITSAJJAD HUSSAIN / AFP

« Après sept heures du soir, ils n’ont plus l’énergie »

Les amis du patron de l’hôtel l’avaient averti que les animaux risquaient de détruire les luxueuses literies. Mais « après sept heures du soir, ils n’ont plus l’énergie d’endommager ou de souiller quoi que ce soir, ils ne font que dormir », constate celui-ci. Katrina Bahri, une expatriée finlandaise, gère depuis cinq ans une boulangerie en Inde avec son mari. Attablée sur une banquette du café, elle étudie le menu en compagnie de Billoo, son Lhassa apso. « J’adore l’idée de lui permettre de vivre ce que nous visons aussi. Je pense qu’il devrait être aussi gâté que nous », dit-elle.

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Le Critterati surfe sur la vague d’un intérêt croissant de la classe moyenne indienne pour les animaux de compagnie. De deux millions de chiens domestiques dans le pays en 2002, on estime qu’ils sont désormais 15 millions. Un chiffre qui devrait grimper à 26 millions en 2021. Deepak Chawla a travaillé trois ans et demi pour lancer cet hôtel, né davantage d’un amour pour les chiens que d’une incertaine perspective de rentabilité. « Un animal est plus loyal que les humains. Les chiens feraient n’importe quoi pour nous donc ils le méritent », assure-t-il.