Harcèlement sexuel: Un nouveau numéro «anti-relous» créé par un informaticien

HARCÈLEMENT SEXUEL La nouvelle plateforme s'adresse aussi aux victimes de harcèlement LGBT....

Naomi Mackako

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D'après une enquête de l'INED, les violences sexuelles toucheraient environ 600 000 femmes et 200 000 hommes chaque année en France.

D'après une enquête de l'INED, les violences sexuelles toucheraient environ 600 000 femmes et 200 000 hommes chaque année en France. — Capture d'écran @MediavorFR

L’informaticien Pierre-Aimé Imbert a mis en place un nouveau numéro « anti-relous ». Cette nouvelle initiative survient deux mois après l’abandon provisoire du premier numéro contre les sollicitations sexuelles indésirables, pensé par les militants Clara Gonzales et Eliott Lepers.

Ce nouveau service a pour but de lutter contre le harcèlement « de rue et sur Internet ». Le fonctionnement est simple : lorsque vous êtes confronté(e) à une telle situation, vous donnez le numéro 06.60.31.10.33 à votre harceleur. Il recevra alors ensuite le sms suivant : « Si vous recevez ce message, c’est que votre interlocuteur (trice) estime que vous harceliez. Veuillez ne plus l’importuner ainsi ! »..

« Lutter contre toute forme de violence »

« Je trouve ça super de s’être approprié ce genre de projet [c’est] très bien de mettre à profit son vécu et ses expériences pour lutter contre toute forme de violence », s’est réjouie la cofondatrice du premier numéro Clara Gonzales auprès de Franceinfo.

Avec ce nouveau numéro, l’informaticien a souhaité remédier à quelques failles : « Leur idée n’était pas mauvaise mais pas suffisamment réfléchie », a-t-il confié à . En effet, les deux militants visaient principalement les femmes. Or, « les relous ne sont pas que des harceleurs et les victimes pas juste des femmes hétéros », souligne celui qui a été par le passé un homme battu.

Avec sa nouvelle compagne, ils ont voulu élargir la cible de la plateforme militante et ne pas oublier les « homos, [les] lesbiennes [et les] transgenres ». Une communauté qui subit elle aussi le harcèlement. L’an dernier, le magazine gay Têtu, rappelait en effet que « 26 % des hommes gays et 37 % des hommes bisexuels ont eu une expérience de viol, de violence physique ou de harcèlement ».

« Anti-relous » comme « anti-spams »

L’autre amélioration majeure est le système d’alerte instauré pour bloquer automatiquement toute tentative malveillante de spams destinée à saturer la plateforme.

De plus, Pierre-Aimé Imbert a réussi à obtenir de l’opérateur Bouygues un envoi illimité de messages aux harceleurs. Trois semaines après l’ouverture du nouveau numéro, une quarantaine de messages a déjà été enregistrée. La nouvelle formule promet d’être efficace et opérationnelle.