«Conquistador de l'inutile», il s'est mis en tête de visiter les 16 Strasbourg du monde

AVENTURE MODERNE Après avoir découvert par hasard un autre « Strasburg » au milieu des Etats-Unis, un Strasbourgeois s’est lancé comme drôle de défi de visiter les 16 Strasbourg qu’il a depuis recensés dans le monde…

Bruno Poussard

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Jean-Yves Bart devant l'ancienne gare de Strasbourg dans la région canadienne du Saskatchewan.

Jean-Yves Bart devant l'ancienne gare de Strasbourg dans la région canadienne du Saskatchewan. — PhotoDale Racette.

  • Strasbourgeois d’adoption, Jean-Yves Bart a découvert l’existence d’un autre « Strasbourg » lors d’un voyage au Colorado.
  • Après quelques recherches et découverts, ce traducteur et photographe s’est lancé dans un défi « inutile » mais passionnant.
  • Depuis, il a déjà visité quatre des 16 Strasbourg qu’il a recensés dans le monde, mais il veut tous les voir et les raconter.

L’histoire commence sur un gros hasard. En plein milieu d’un voyage, Jean-Yves Bart, Alsacien d’adoption, découvre un « Strasburg » perdu sur une carte des Etats-Unis. Au Colorado, sur la route 70. A une heure de route de là seulement, ce curieux Strasbourgeois d’une trentaine d’années habitué d’improbables détours n’hésite pas.

Alors étudiant en photographie à la Chambre, place d’Austerlitz, Jean-Yves Bart y trouve un sujet en vue d’une exposition de fin d’année. En abordant le portrait en images de la ville, il est pourtant loin de se douter que, des mois après, il se lancera le défi de voir tous les « Strasbourg » du monde. Une drôle « d’épopée moderne », s’amuse-t-il.

« L’idée est volontairement mégalomane », rigole-t-il

L’idée a germé dans le musée de ce Strasburg - du nom d’un ouvrier travaillant sur la voie ferrée au moment de la création de la ville - du Colorado. Grâce à la magie du net, aux connaissances  d'un journaliste alsacien à la retraite ou d’un historien américain et à d’autres retours encore, Jean-Yves Bart dispose depuis d’une liste de 16 Strasbourg.

Dans sa petite exposition, Jean-Yves Bart dispose de belles illustrations et d'articles, notamment.
Dans sa petite exposition, Jean-Yves Bart dispose de belles illustrations et d'articles, notamment. - B. Poussard / 20 Minutes.

« Dans les années 70, Philippe Edel - dont j’ai entendu parler au Dakota du Nord - avait écrit des articles dans le quotidien "L’Alsace" sur les différents Strasburg américains. J’ai décidé de systématiser le truc de manière un peu absurde. L’idée est volontairement mégalomane, on verra si je réussis à aller au bout ! »

En deux voyages, le natif d’Aix-en-Provence - qui a aussi vécu à Bordeaux - a déjà visité trois Strasbourg à l’étranger, un au Canada et deux dans la moitié ouest des Etats-Unis, pour certains fondés par des expatriés alsaciens passés par la Russie. Prochaines étapes : la Pologne et cinq autres Strasburg situés dans la moitié Est-Américaine.

Etats-Unis, Canada, Pologne, Ukraine, Russie, Algérie…

S’il part toujours sans idée préconçue, Jean-Yves Bart s’intéresse notamment aux liens « historiques ou plus magiques » entre les villes et aux histoires de leurs habitants. Au Dakota du Nord, il a par exemple rencontré un retraité des studios de Hollywood originaire du Strasbourg français, et parlant encore alsacien avec sa propre mère.

S’il manque de temps pour planifier précisément la suite de son aventure qui l’emmènera aussi en Russie, en Allemagne en Ukraine ou en Algérie, celui qui est traducteur dans la vraie vie embraye en rigolant :

« La finalité du défi est plutôt inutile, c’est un peu pour la beauté du geste. Mais j’aime bien aller dans des endroits où on pense qu’il n’y a rien à voir, parce qu’il y a toujours quelque chose à découvrir et à approfondir, au final. »

Jean-Yves Bart sur un tracteur du cimetière dédié à ces engins agricoles à Strasburg, au Colorado.
Jean-Yves Bart sur un tracteur du cimetière dédié à ces engins agricoles à Strasburg, au Colorado. - Photographe inconnu.

Un ambassadeur de Strasbourg et de l’Alsace chez les autres

En guise de carnet de bord, Jean-Yves Bart, 34 ans cette semaine, a ainsi monté une page Facebook et un site web. Il participe aussi à quelques expositions, comme jusqu’à ce jeudi 7 décembre à la Misha (lire en bas). A plus long terme, il espère même en sortir un bouquin de récits et de photos, au début de la prochaine décennie.

« C’est aussi un moyen de m’approprier ma ville », ajoute-t-il, en toute humilité. C’est que, à l’étranger, Jean-Yves Bart se retrouve parfois ambassadeur de Strasbourg et de l'Alsace. Comme ce jour où, invité au printemps dans une classe du Dakota du Nord, un jeune écolier lui a demandé, devant une photo de la cathédrale, s’il l’avait construite tout seul !

Jean-Yves Bart expose une partie de son carnet de voyage à la Misha, à Strasbourg, jusqu'au 7 décembre.
Jean-Yves Bart expose une partie de son carnet de voyage à la Misha, à Strasbourg, jusqu'au 7 décembre. - B. Poussard / 20 Minutes.

Sa troisième exposition. Afin de montrer les avancées de son projet, photos, articles et petits récits à l’appui, Jean-Yves Bart fait jusqu’à ce jeudi 7 décembre partie de l'exposition «Strasbourg(s) - Ville envisagée et dévisagée», présentée à l’entrée de la Maison interuniversitaire des sciences de l’homme d’Alsace (Misha) sur le campus. Ouvert de 8h à 19h. Accès libre et gratuit.