• Elle remercie Jacquie et Michel sur le mur de sa maison.
  • La mairie met en avant une infraction au code de l’urbanisme.
  • Thérèse encourt une amende et des poursuites pénales.

« On dit merci qui ? » Grande fan du site pornographique Jacquie et Michel, Thérèse Dune (pseudo), une habitante de Somain, dans le Nord, a peint sur le mur de sa maison le slogan bien connu des adeptes du genre. Une « publicité » qui n’est pas du goût de la mairie de la commune.

Thérèse Dune, une sulfureuse blonde de presque cinquante ans, habite une maison dans une ancienne cité minière de Somain, entre Douai et Valenciennes. Il y a quelque temps encore, elle élevait et vendait des chiens avant de laisser tomber cette activité pour une autre, très différente : le porno.

« Je ne m’en cache pas »

« J’ai fait quelques films amateurs dont certains ont été tournés chez moi. Et c’est vrai que je suis devenue très fan de Jacquie et Michel. On voit des tee-shirts un peu partout, je ne trouvais pas malsain d’inscrire ''Merci Jacquie et Michel'' sur mon mur », confie-t-elle à 20 Minutes. Thérèse assure qu’elle ne cherchait pas à faire le buzz : « Tout le monde dans le quartier sait ce que je fais, je ne m’en cache pas. Des personnes viennent même se prendre en photo devant le slogan », affirme-t-elle.

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Et puis, le 20 octobre dernier, Thérèse a reçu une lettre recommandée de la mairie de Somain la mettant en demeure de retirer sous 15 jours cette inscription de la façade de sa maison. « Je ne comprends pas, il n’y a rien de sexuel. Ce n’est même pas de la publicité, je l’ai fait pour le plaisir, pour le fun », s’indigne-t-elle.

A la mairie, on se défend de toute pudibonderie en brandissant le code de l’urbanisme : « Que ce soit une publicité ou une simple inscription, c’est interdit, d’autant qu’elle n’a fait aucune demande pour la réaliser. Notre démarche n’a rien à voir avec la signification de cette inscription », explique-t-on au service urbanisme.

Thérèse étudie une parade

Mais Thérèse tient à sa fresque. Elle réfléchit d’ailleurs à une parade pour contrer l’article avancé par la mairie stipulant que « la publicité est interdite sur les murs de bâtiments sauf quand ces murs sont aveugles (sans fenêtre) ». « La fenêtre qui pose problème ne me sert à rien, elle donne sur mon grenier. Je vais peut-être la murer, comme ça je pourrais laisser mon inscription », déclare-t-elle.

Pas si simple : « Pour faire ça aussi la propriétaire doit demander une autorisation », rétorque-t-on en mairie. En attendant, le délai de 15 jours arrive à expiration. Si Thérèse n’est pas dans les clous d’ici à vendredi, elle s’expose à une contravention d’un montant maximum de 750 euros ainsi qu’à des poursuites pénales. Ça fait cher la formule de politesse.