Un camionneur raconte le jour où il a sauvé une victime du trafic d'humains

CRIME En janvier 2015, Kevin Kimmel a sauvé une femme victime du trafic sexuel. Deux ans plus tard, il a raconté son histoire à CNN…

Marie Lombard

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Un camionneur raconte sa lutte contre le trafic d'humains

Un camionneur raconte sa lutte contre le trafic d'humains — VINCENT WARTNER/SIPA

L’histoire s’est déroulée en janvier 2015 mais n’a été rapportée à CNN que cette semaine. Au matin du 6 janvier 2015, le camionneur Kevin Kimmel s’est arrêté sur une aire d’autoroute du comté de New Kent, en Virginie ( Etats-Unis). Alors qu’il faisait le plein, il a aperçu un véhicule familial « inhabituel ». « C’était un vieux camping-car avec les vitres teintées », a-t-il ainsi raconté à CNN. Un homme s’en est approché et a toqué à la vitre avant d’entrer, lorsque la porte s’est ouverte Kevin Kimmel a aperçu une « femme mineur » semblant vouloir sortir avant d’être brutalement ramenée à l’intérieur.

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Le camionneur intrigué a alors appelé la police qui est arrivée peu de temps après et a encerclé le camping-car dont est sortie une jeune fille « en mauvaise forme », accompagnée d’un homme et d’une femme menottés. Kevin Kimmel a plus tard appris dans les journaux que la fille aperçue était une victime du trafic  sexuel. Elle avait été attirée par la ruse hors de sa maison dans l’Iowa et kidnappée avant d’être torturée, violée et prostituée de force.

Jugés en août 2015, ses tortionnaires, un jeune couple, ont été condamnés respectivement à 40 et 42 ans de réclusion pour enlèvement, trafic sexuel et torture.

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Les camionneurs en première ligne de la lutte contre le trafic d’humains

Ces crimes sont décrits par la Ligne nationale directe du trafic d’humain comme une forme d'« esclavage moderne au cours duquel les trafiquants utilisent la force, la fraude et la contrainte pour contrôler les victimes dans le but de les engager dans le commerce d’actes sexuel ou de services contre leur gré ». Ce commerce florissant ferait des dizaines de millions de victimes et générerait 32 milliards de dollars de chiffres d’affaires tous les ans. Si 80 % des victimes sont des femmes, il arrive également que des hommes soient enlevés.

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Kevin Kimmel est à présent membre de l’organisation Camionneurs contre le trafic(TAT). Il explique que ceux exerçant cette profession sont les plus aptes à repérer des trafiquants car les victimes sont bien souvent transférées par les stations et les aires d’autoroutes. « Les trafiquants bougent constamment leurs victimes. Ils restent dans l’ombre. C’est pourquoi ils ne peuvent pas rester trop longtemps quelque part. Et quand vous les bougez, vous venez dans mon monde [la route]. Si nous sommes vigilants nous pouvons éliminer une large partie du problème. »

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En effet, « A tout moment aux Etats-Unis il y a plus de camionneurs sur les routes que d’officiers de police » témoigne Kendis Paris, directrice du TAT, à CNN. Mais ils nécessitent une formation, en effet « beaucoup d’entre eux ne sont pas sûrs d’être témoins de prostitution ou de trafic » raconte-elle. Certains Etats comme l’Ohio obligent par ailleurs leurs camionneurs recevoir une formation sur le trafic d’humains pour recevoir leur licence de conducteur commercial.