Pourquoi l’emoji serpent est devenu sur les réseaux sociaux un outil de diffamation sexiste

SEXISME Depuis plusieurs mois, l'émoticône du serpent est massivement posté sur les comptes de femmes célèbres accusées d'infidélité...

H.S.

— 

Capture d'écran du compte Instagram de l'actrice Marion Cotillard. Lancer le diaporama

Capture d'écran du compte Instagram de l'actrice Marion Cotillard. — @marioncotillard

La séparation du couple le plus célèbre d’Hollywood, Angelina Jolie et Brad Pitt, a provoqué quelques dégâts collatéraux. Au-delà de l’avalanche d’articles, d’analyses, de commentaires sur les conséquences de ce divorce, l’actrice française Marion Cotillard a subi une déferlante de commentaires haineux sur les réseaux sociaux, accusée par les internautes d’être à l’origine de la séparation. Sur Instagram, de nombreuses photos de la comédienne ont été noyées par les posts d’un émoticône particulier : celui du serpent.

My beloved @christophedanchaud_makeup in @ellefr #danchaudshow

A photo posted by @marioncotillard on

Le site français Mashable s’est penché sur le phénomène, né au cœur de l’été et qui a visé la chanteuse américaine Taylor Swift. « En slang ("argot" en anglais) », snake est un mot dépréciatif utilisé pour qualifier une personne de "sournoise" ("sneaky", en anglais), louvoyant autour de sa proie, dans toute sa perfidie », explique le pure-player. Peu à peu et au fil de polémiques aux relents sexistes, l’emoji serpent s’est imposé dans les usages des internautes pour « troller » ou harceler les célébrités féminines soupçonnées d’infidélité.

Une pratique qui vise essentiellement les femmes (les hommes eux, héritent plus fréquemment de l’emoji « rat ») et qui repose sur le postulat que les femmes sont sournoises, manipulatrices et mesquines lorsqu’il s’agit de conquérir un homme déjà engagé alors que son homologue masculin sera davantage perçu comme un séducteur ou un « Don Juan ».

Capture d'écran d'une photo postée en juillet par Taylor Swift sur son compte Instagram et immédiatement submergée par l'icône du serpent.
Capture d'écran d'une photo postée en juillet par Taylor Swift sur son compte Instagram et immédiatement submergée par l'icône du serpent. - @taylorswift

Après la mésaventure subie par Taylor Swift, Instagram s’est lancé dans le développement d’un outil de modération des commentaires, emojis compris. Accessible au grand public depuis le 13 septembre, cet outil diffère en fonction du nombre d’abonnés. Ainsi, les célébrités disposent d’un outil à part entière permettant aux community managers qui gèrent des comptes influents d’automatiquement masquer tous les commentaires qui comporteront des mots ou émoticônes spécifiques jugés insultants.

>> A lire aussi : Angelina Jolie critiquée pour la date de l’annonce de son divorce