Le peuplier a été victime de sa popularité.
Le peuplier a été victime de sa popularité. - Kashiwaen Gallery

Le paysage, magnifique, était devenu célèbre auprès d’un public de chasseurs d’images. Chaque année, ils accouraient de tout le Japon et même de l’étranger pour contempler, et mitrailler, ce peuplier solitaire qui dominait un champ de Biei, sur l’île japonaise d’Hokkaido. Mais tout à coup, la vue a gagné en sérénité, ou perdu en relief : le propriétaire des lieux, excédé par les touristes qui venaient piétiner son champ à longueur d’année, a décidé fin février d’abattre l’arbre iconique.

« Il a toujours été là, à vieillir avec moi. Il me manquera », raconte l’agriculteur de 68 ans à l’agence de presse japonaise Kyodo. L’arbre, planté au milieu des années 1960, avait atteint la hauteur vénérable de 30 m, pour 1,80m de diamètre. Il avait été surnommé « l’arbre philosophe » à cause de sa forme faisant, paraît-il, penser à la tête penchée du penseur.

Timelapse des paysages de Biei (l’arbre apparaît vers 2:12)

Mais l’état du peuplier, un arbre à la durée de vie relativement courte, inquiétait le propriétaire des lieux. Balayé chaque année par les tempêtes et le blizzard, il menaçait de s’effondrer sur les cultures ou sur un visiteur imprudent.

Car malgré les précautions prises par l’agriculteur pour maintenir les touristes à l’écart, notamment l’installation d’un panneau en chinois et en anglais, les curieux étaient nombreux à s’aventurer dans le champ pour photographier le « philosophe », ou à se garer au milieu de la route, peu réceptifs aux mises en garde des habitants du coin.

« Quand j’ai demandé à un touriste de ne pas marcher dans le champ, il m’a crié dessus », raconte un photographe local de 44 ans. Un manque de sagesse qui a eu raison de l’arbre philosophe.

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