Episode 4: «Je ne suis plus un killer. Je suis un serial killer.»

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Publié le 30 septembre 2007.

Jeu – Notre journaliste participe à Streetwar, un jeu de rôle grandeur nature qui réunit 250 participants…

Notre journaliste participe à Streetwars, un jeu de rôle grandeur nature qui réunit 250 participants…

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Je ne suis plus un killer. Je suis un serial killer. Deux victimes en deux jours, je commence à me faire respecter. Et cette fois, tout a été limpide. La journée commençait pourtant sous le signe du doute. Les nuits précédentes, j’avais découché pour être sûr de ne pas me faire shooter au saut du lit par celui qui me poursuivait. Cette nuit, parce que j’ai aussi une vie, je me devais de dormir chez moi. M’attendrait-il en bas ce matin?

A 7h17, j’ai couru si vite en sortant de mon domicile, emprunté tellement de petites ruelles jusqu’à ne plus avoir de souffle, que, qu’il ait été là ou pas, dopé ou pas, il n’aurait pas pu me suivre. Bon, c’est vrai, ça fait bizarre quand on s’arrête enfin de courir, tout essoufflé, de se dire qu’on vient peut-être de faire tout ça pour rien. Mais c’est comme ça : après le film « Star Wars la menace fantôme » (épisode 1), je vis en vrai « Streetswar, la menace fantôme ». Et en attendant d’être abattu (ou pas), je dois éliminer ma nouvelle cible. Cap sur Vincent, donc, dont le pseudo dans le jeu est TrenTWintone. Le mien, c’est Kone : un jour je vous dirai pourquoi. En tout cas, après la fiction Starwars : l’attaque des clones (épisode 2), Je me fais en vrai Streetswar : l’attaque de Kone.

A 7h30, je suis planté en bas de chez lui. Mais y a-t-il dormi ? Est-il parti aux aurores ? Je me planque. Face à la porte, puis un peu plus loin, dans un angle mort. Il habite près du forum des Halles, dans une rue piétonne, à l’angle de la rue de la Petite-Truanderie et de la rue de la Grande-Truanderie. En bas, une boutique de fringues, et une inscription en vitrine : fin de série. J’espère que la mienne ne fait que commencer.

La librairie d’art a ouvert tôt. Et sa gérante me regarde bizarrement. Déjà une heure que j’attends, droit comme un I, comme si de rien n’était. Au petit matin de septembre, il fait froid quand on ne bouge pas. Mais le premier troquet est trop loin pour pouvoir guetter TrenT Wintone. Aller se réchauffer avec un café, c’est prendre le risque de manquer sa sortie de l’immeuble : trop rageant après un tel investissement. A 8h08, une jeune fille sort de l’immeuble. J’hésite à l’aborder. Si c’est la copine de ma cible, je suis définitivement grillé. Elle le préviendra, dressera mon portrait… je décide de la laisser filer. A 8h42, un homme sort. La trentaine, comme TrenT. Il n’a pas l’air costaud, alors que sur la photo que les organisateurs m’ont fournie, le mec avait l’air plutôt baraque, en marcel, les bras croisés, essayant vainement de prendre un air de gros dur. Je le regarde et le suis. Je crois que c’est lui. Si je l’appelle, doucement, il risque de se retourner et de m’asperger, ce qui me neutraliserait pendant 24 heures. Il faut donc que je tire. Mais si ce n’est pas lui, je risque de me prendre un poing dans la gueule. Alors je dis doucement « Vincent ? » et au moment où je vois son visage se tourner d’un demi-millimètre, j’appuie sur la gachette. Poum. Dans le cou. Il se retourne et pam, sur le torse. Il a l’air éberlué. « Bien joué mec, t’es un killer ». Je commence sérieusement à le croire.

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