Des Russes prient le 4 mai 2013 dans une église orthodoxe de Saint-Pétersbourg
Des Russes prient le 4 mai 2013 dans une église orthodoxe de Saint-Pétersbourg - OLGA MALTSEVA AFP

Un diocèse de l’Eglise orthodoxe russe a vu supprimée une partie de sa dette envers une société d’ingénierie locale en échange d’une promesse de prier pour ses responsables, un accord validé par la justice, a rapporté vendredi l’agence Interfax.

La société d’ingénierie, qui avait conçu un projet de nouvelle chaudière pour le diocèse orthodoxe de Nijni Novgorod (Volga) en Russie, a porté plainte en août dernier contre celui-ci, l’accusant de n’avoir payé que la moitié des travaux et exigeant le versement de 458.000 roubles (5.150 euros), selon l’agence.

« Prier pour la santé » du PDG et la « prospérité »

Les deux parties ont finalement conclu un accord à l’amiable, selon lequel les autorités religieuses se sont engagées à verser au plaignant près de la moitié de la somme, soit 200.000 roubles (2.250 euros), et à « prier pour la santé » du PDG et du responsable technique de la société, ainsi que pour « leur prospérité », selon la même source.

L’accord a été validé par la cour d’arbitrage de Nijni Novgorod, un précédent dans l’histoire de la justice contemporaine, souligne l’agence.

« Absurde » et « anormal »

« C’est absurde ! Comment peut-on compenser un dommage matériel par une chose non matérielle ? », a réagi l’un des avocats les plus connus de Moscou, Mark Feïguine, manifestement surpris par le caractère insolite de cette affaire.

« C’est anormal du point de vue de toutes les religions existant dans le monde », a déclaré Boris Falikov, chercheur et spécialiste des religions.

« Mais on est tellement habitué aujourd’hui en Russie à ce que les services religieux s’achètent que les gens ne voient rien d’inconvenant dans le fait de payer une dette avec une prière », a-t-il ajouté.

Mots-clés :

  • Aucun mot-clé