VIDEO. Une équipe bordelaise en lice pour la Coupe du monde de football robotique

INSOLITE L'idée de la RoboCup est de développer, d'ici à 2050, une équipe de robots capables de battre les champions du monde humains...

T.L.G. avec AFP

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Robots de l'équipe allemande Nao Team à la RoboCup. Iran, 8 avril 2015.

Robots de l'équipe allemande Nao Team à la RoboCup. Iran, 8 avril 2015. — AFP/ATTA KENARE

Quatre-vingt-dix centimètres de haut, squelette en aluminium et pieds carrés: tel est le portrait-robot des joueurs qui défendront les couleurs de la France à la prochaine Coupe du monde de football ... robotique, organisée en Chine du 19 au 23 juillet.

Les engins conçus au Laboratoire bordelais de recherche en informatique (Labri) sont en effet les seuls robots tricolores à s'être qualifiés pour l'édition 2015 de la RoboCup, compétition organisée tous les ans depuis 2002 et rassemblant les machines les plus performantes dans le monde.

Capable de battre les humains en 2050?

L'idée de la RoboCup: développer, d'ici à 2050, une équipe de robots humanoïdes capables, sans aucune intervention extérieure, de battre les champions du monde en titre, bien humains ceux-là.

Marcher, repérer la balle, shooter... si le football est un jeu d'enfant pour un humain, il représente une somme de défis pour un robot bipède autonome, résume Olivier Ly, père du projet «Rhoban» au Labri.

Fruit de six ans de travail, les bébés du Labri répondent au nom de «Chewbacca», «Mowgli» ou «Django», et sont parvenus jusqu'en quart de finale à la RoboCup 2014 organisée au Brésil. L'équipe avait perdu face au Japon, vainqueur de la compétition.

Avec Olive et Tom, plus rapides et puissants

A Hefei (ouest de la Chine), ils pourront compter sur le renfort d'«Olive» et «Tom», les deux derniers nés du laboratoire, plus grands, plus rapides et plus puissants. Pour se mouvoir, les cinq robots de l'équipe (quatre joueurs, un remplaçant «en cas de panne ou de casse») reproduisent les mouvements de la marche grâce à des articulations inspirées de l'anatomie humaine.

Si les précédentes RoboCup se déroulaient sur un terrain dur et lisse, l'édition 2015 a décidé de corser l'enjeu en imposant une herbe synthétique de trois centimètres de hauteur. «Ca n'a l'air de rien, mais ça change complètement la donne», souligne Olivier Ly.

Pour résoudre le problème, les ingénieurs ont doté leurs joueurs de capteurs de pression répartis sous la plante des pieds, ce qui devrait leur conférer un net avantage, estime le chercheur.

Une caméra pour marquer

Pour marquer, encore faut-il pouvoir identifier le ballon et repérer le but adverse. Pas de sonar, radar ou laser, trop éloignés des capacités sensorielles humaines, les robots s'en remettent à la caméra qui leur sert de tête pour «scanner» méthodiquement leur environnement à la recherche du ballon.

En général avec succès... sauf quand le ballon se trouve sur une ligne blanche. «Pour les précédentes éditions, la balle était orange. Désormais elle est blanche, c'est un des plus gros problèmes à surmonter», constate Steve Nguyen.

Au-delà de ses aspects loufoques, la RoboCup sert surtout à doper la recherche en robotique, qui peut bénéficier aux humains: aide à l'autonomie et à la locomotion, par le biais d'exosquelettes ou d'orthèses thérapeutiques, comme celle en développement au Labri pour les patients victimes d'AVC.

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