C'était l'un des derniers pays européens où la zoophilie n'était pas un délit. Jusqu'au 21 avril, date à laquelle le parlement danois a enfin voté l'interdiction de la zoophilie, avoir des relations sexuelles avec un animal n'avait rien d'illégal, du moment qu'aucun mal ne lui était fait.

Pour les activistes, cette notion floue de «mal», et la difficulté à le prouver, faisait du Danemark une plaque tournante du tourisme zoophile. Le ministre de l'Agriculture; Dan Jorgensen; a présenté le texte au Parlement en octobre, insistant sur le fait que les précédentes lois n'offraient pas de protection suffisante aux animaux. «Par nature, un animal ne peut pas dire non. Et par nature, un animal a aussi beaucoup de mal à prouver qu'il a été blessé par un acte sexuel», déclarait-il alors devant les députés danois. «Par conséquent, nous avons besoin d'une nouvelle législation qui garantisse que les intérêts de l'animal passent en premier», concluait-il.

Un an de prison encouru

Désormais, ceux qui seront condamnés pour zoophilie encourent une peine d'un an d'emprisonnement. En cas de récidive, la sentence pourra être doublée. Les parlementaires qui ont voté en faveur du texte ont expliqué qu'ils ne voulaient pas que le Danemark soit le dernier pays d'Europe du nord où la zoophilie était autorisée. Seul un parti, l'Alliance libérale, a voté contre cette loi, jugeant que le texte était au mieux une perte de temps, au pire une démonstration de l'Etat imposant un code moral.

En 2011, un rapport du ministère danois de la Justice dévoilait que 17% des vétérinaires du pays avaient déjà suspecté au moins une fois qu'un animal qu'ils soignaient puisse être impliqué dans un rapport sexuel avec un humain.

A ce jour, la Hongrie, la Finlande et la Roumanie sont les derniers pays de l'Union européenne où la zoophilie est légale.