Deux Allemands font un chèque de 875 euros à la Grèce pour payer «leur dette de guerre»

INSOLITE Ludwig et Nina sont les nouvelles coqueluches de la presse grecque depuis qu'ils ont décidé de rembourser leur part de la dette de guerre allemande...

L.C. avec AFP

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Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schaeubl avec son homologue grec Yanis Varoufakis, lors d'une conférence de presse à Berlin, le 5 février 2015.

Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schaeubl avec son homologue grec Yanis Varoufakis, lors d'une conférence de presse à Berlin, le 5 février 2015. — Michael Sohn/AP/SIPA Ville : Berlin

Un couple allemand fait les gros titres de la presse grecque. Ludwig et Nina ont profité de leurs vacances pour remettre un chèque de 875 euros à la mairie de Nauplie, dans le Péloponnèse. Cette somme représente selon eux «leur» dette de guerre.

D'après leur calcul, chaque Allemand doit 875 euros à la nation grecque

«Ils sont venus dans mon bureau hier matin en disant qu'ils voulaient compenser l'attitude de leur gouvernement, qu'ils avaient fait leur calcul et que la dette qui revenait à chaque Allemand pour le prêt imposé à la Grèce pendant la deuxième guerre mondiale s'élevait à 875 euros», a expliqué à l'AFP le maire de Nauplie Dimitris Kotsouros. Il a décidé de donner cette somme à une association communale d'aide aux plus démunis.

La presse grecque s’est depuis entichée de Ludwig Zacaro et Nina Lahge, qui sont respectivement retraité et salariée «à trente heures par semaine» selon les médias. 

Une dette de guerre d’un montant total de 173 milliards d’euros selon la Grèce

Athènes, qui croule sous une dette atteignant plus de 175 % de son Produit intérieur brut (PIB), fait valoir de longue date que l'Allemagne ne lui a jamais vraiment versé de réparations de guerre et n'a jamais remboursé un prêt forcé de 1942.

Ce dossier a été relancé de façon très offensive par le gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras, dans un contexte d'antagonisme entre la Grèce et la zone euro sur la poursuite de la rigueur budgétaire, dont l'Allemagne est devenue l'incarnation.

Le montant des réparations éventuelles réclamées pourrait atteindre 162 milliards d'euros, soit environ la moitié de la dette du pays, selon des chiffres circulant à Athènes. Le prêt forcé datant de l'occupation nazie est quant à lui évalué à 11 milliards d'euros en Grèce.

Berlin exclut toute réparation de guerre

L'Allemagne considère que ces questions ont été réglées juridiquement par le biais de traités. Quelques députés allemands sociaux-démocrates et verts ont appelé leur gouvernement cette semaine dans les médias à prendre en considération la demande grecque. D'autres citoyens allemands vont peut-être suivre l'exemple de Ludwig et Nina...

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