Une coccinelle.
Une coccinelle. - Cassino Mark/SUPERSTOCK/SIPA

La découverte est originale, mais fait aussi un peu flipper. En observant le comportement d'une coccinelle sous l'emprise d'une guêpe manipulatrice, des scientifiques ont séquencé le virus ARN, présent chez la plupart des êtres vivants et à l'origine de cette «zombification».

Petit cours de biologie: en période de ponte, la guêpe parasitoïde cherche activement une cible, en l’occurrence une coccinelle maculée, autrement appelée Coleomegilla maculata. Elle la pique pour lui injecter ses œufs dans l'abdomen. 

Une manipulation orchestrée pour se protéger de la prédation

Et pendant 20 jours, la larve se développe à l'intérieur de la coccinelle, en se nourrissant de ses réserves. A aucun moment, la Coleomegilla maculata n'essaye de lutter et devient même le garde du corps du cocon. Un zombie que la guêpe maintient en vie, en ne l'épuisant pas trop.

Consciente du caractère inédit de ce comportement, l'équipe du laboratoire des Maladies infectieuses et vecteurs (CNRS) de l’université Montpellier (en collaboration avec des chercheurs de l'Université de Montréal) a tenté de déceler l'origine de cette manipulation orchestrée par la guêpe afin d'être protégée de la prédation jusqu'à la fin de son développement. 

Un troisième acteur, un virus à acide ribonucléique

Dans leurs travaux publiés en ligne sur le site de Biology Letters, les chercheurs révèlent que cette manipulation ne pouvait se faire sans un troisième acteur: un virus à acide ribonucléique (ARN), qu'ils ont nommé Dinocampus coccinellae Paralysis Virus (DcPV). Une molécule biologique présente dans la plupart des êtres vivants, mais surtout dans certains virus tels que la grippe, le sida ou Ebola.

Responsable de la zombification provisoire, l'ARN entraîne une neurodégénérescence chez la coccinelle, et la paralysie. «C'est comme si le virus avait supprimé les défenses immunitaires de la coccinelle», confie Nolwenn Dheilly au Huffington Post. Plus surprenant encore: les chercheurs ont effectivement prouvé le caractère réversible de cette «zombification»: une fois la larve éclose, environ 25 % des coccinelles manipulées recouvrent un comportement normal. Et le zombie de revenir à la vie.

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