La Une de Charlie Hebdo pour son prochain numéro à paraître mercredi
La Une de Charlie Hebdo pour son prochain numéro à paraître mercredi - Charlie Hebdo

Il est bouclé. Charlie Hebdo sera dans les kiosques ce mercredi, une semaine jour pour jour après l’attentat terroriste qui a fait douze morts et décimé la rédaction du journal satirique. Dès vendredi dernier, les survivants, accueillis à la rédaction de Libération, ont repris le travail pour montrer que Charlie n’est pas mort.

Ce numéro «des survivants» de huit pages, donc, sera malgré tout un numéro événement. Le journal sera mis en vente pendant quinze jours. Il sera tiré à trois millions d’exemplaires contre 60.000 habituellement.

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La Une –tant attendue et publiée sur les réseaux sociaux par Libération dès hier soir– est signée Luz, rescapé de l’attentat. Cible des islamistes pour avoir souvent caricaturé Mahomet, la rédaction a choisi de représenter le prophète avec une larme tenant une pancarte: «Je suis Charlie», slogan mondial apparu après l’assassinat de Charb, Cabu, Wolinski, Tignous et Honoré. Au-dessus du dessin, le journal satirique titre «Tout est pardonné». Mais certains internautes, y voient d’ores et déjà la «touche» Charlie: «Des bites.» Une ou deux? Compilation.

«Cela ne veut pas dire que Mahomet a une tête de bite»

RTL rapporte le témoignage Jérémy Demay, pigiste régulier au Canard Enchaîné«Cela ne veut pas dire que Mahomet a une tête de bite, déclare-t-il. Je ne vois pas cela comme un pied de nez. Le trait de crayon de Luz est assez arrondi, simple et efficace qui ressemble d'ailleurs à celui de Jossot (caricaturiste français du journal satirique L'Assiette au beurre). On ne peut pas empêcher les gens d'interpréter un dessin comme ils le veulent», mentionne le site Internet.

Invité sur France Inter lundi matin, le dessinateur Luz a promis un numéro impertinent. Si le contenu du journal de mercredi est encore un secret bien gardé, Richard Malka, l’avocat de Charlie Hebdo, a rappelé le jour du bouclage que les caricatures religieuses étaient habituelles dans l’hebdomadaire depuis des années, et qu’il ne fallait pas s’attendre à une exception après l’attentat. «On ne cédera rien, sinon tout ça n’aura pas eu de sens. L’état d’esprit "Je suis Charlie", cela veut dire aussi le droit au blasphème», a-t-il averti.

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