«Les rafles de la police, on n'en veut plus»

REPORTAGE – Plus d’un millier de personnes ont manifesté devant le rectorat de Paris ce lundi…

Catherine Fournier

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Manifestation après les incidents de la rue Rampal, le mardi 20 mars 2007, entre policiers et parents d'élèves.

Manifestation après les incidents de la rue Rampal, le mardi 20 mars 2007, entre policiers et parents d'élèves. — S. Ortola / 20Minutes

«Ni sanction, ni expulsion, les rafles de la police, on n'en veut plus.» Enseignants, parents d’élèves, syndicats, étudiants… plus d’un millier de personnes, selon la police, 2.500 selon les organisateurs, étaient rassemblées lundi à 18h devant la direction du rectorat de Paris, rue des Ecoles (5e).

«Protection des enfants»

Objectif: protester contre la garde à vue, vendredi, de la directrice d'une école du 19e. Valérie Boukobza est restée près de sept heures au commissariat suite aux échauffourées entre des parents d'élèves et les forces de l'ordre, mardi, après l'interpellation d'un Chinois en situation irrégulière. Dans un communiqué distribué à la manifestation, elle affirme avoir rempli son «devoir de protection des enfants et de leurs famille et celui de résistance pacifique à une forme d'oppression».

«S’attaquer aux cadres de l’institution qui nous a tous formés, c’est lamentable», s’indigne Louise, 21 ans, étudiante à la Sorbonne. «Y’a quand même une manière de faire, renchérit une camarade. Arrêter des personnes à la sortie des écoles ou à la soupe des Restos du Cœur, c’est limite.»

Les manifestants entendent ainsi dénoncer la multiplication des «rafles» aux abords des écoles et dans certains quartiers comme le 20e. «A chaque marché, on voit débarquer des hordes de policiers, témoigne Marie-Paule, enseignante à la retraite. Il n’y a pourtant aucun problème de sécurité. C’est comme s’ils voulaient faire monter la pression.»

Climat de tension

Ce climat de tension serait d’ailleurs à l’origine des incidents de la rue Rampal, mardi, selon la journaliste qui a filmé les événements. «C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, les habitants n’en peuvent plus», souligne Juliette Warlop.

Une délégation de douze manifestants, représentant les organisateurs du rassemblement (FCPE, Réseau éducation sans frontières et SOS Racisme) a été reçue peu avant 19h par le recteur Maurice Quénet et l'inspecteur d'académie du premier degré. La FCPE a saisi l'occasion du départ du gouvernement de Nicolas Sarkozy pour demander à son successeur François Baroin de «mettre fin aux expulsions de familles sans papiers ayant des enfants scolarisés».

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