Une mère américaine a décidé de poursuivre en justice une banque de sperme après avoir donné naissance à un bébé métisse.
Une mère américaine a décidé de poursuivre en justice une banque de sperme après avoir donné naissance à un bébé métisse. - CNN / 20 Minutes

Elles le jurent, les larmes aux yeux, elles aiment leur fille Peyton «inconditionnellement». Pourtant, les deux mamans de l’adorable fillette ont porté plainte contre la banque de sperme à laquelle elles avaient fait appel. L’objet du litige: la méprise sur le donneur de sperme.

Les parents, un couple lesbien, ont souhaité recourir à l’insémination artificielle pour fonder une famille. Les deux femmes, Jennifer Cramblett et Amanda Zinkon, qui résident à Uniontown, dans l'Ohio (Etats-Unis), avaient décidé de tout. L’une porterait l’enfant, et elles choisiraient un donneur qui leur ressemble à toutes les deux, surtout à Amanda, qui n’aurait pas de lien de sang avec l’enfant. En remplissant le formulaire, elles avaient donc spécifié vouloir un géniteur blond aux yeux bleus.

Une erreur de numéro

Seulement voilà, le plan ne s’est pas déroulé comme prévu. En avril 2012, à cinq mois de grossesse, Jennifer Cramblett appelle la banque de sperme pour «réserver» le sperme du même donneur, le numéro 380, afin de donner un petit frère ou une petite sœur au bébé qu’elle porte.

Au téléphone, l'employée de la Midwest Sperm Bank lui explique que la semence qui lui a été envoyée n’est apparemment pas celle que Jennifer avait demandée, mais celle du numéro 330, un donneur noir. «Ils m'ont interrogée, ils voulaient savoir si j'avais demandé un donneur afro-américain. J'ai dit non, nous avons demandé le numéro 380, qui est blond aux yeux bleus et ressemble à ma compagne, Amanda. Ils ont simplement dit "nous pensons que le numéro 330 est un donneur afro-américain"», raconte Jennifer sur la chaîne d'information américaine CNN. La future mère est alors sous le «choc».

Angoissées, les mamans veulent déménager

Quatre mois plus tard, elle donne naissance à une très jolie petite métisse, Peyton. Mais les deux mamans décident de poursuivre la banque de sperme en justice. «Nous aimons notre fille, elle est un rêve devenu réalité», déclare Jennifer à propos de la fillette aujourd’hui âgée de deux ans. «A tous ceux qui pensent que je ne veux pas de mon enfant à cause de la couleur de sa peau, je dis qu’ils ont tort. Cela me met en colère», poursuit-elle.

C’est pourtant la couleur de peau de l’enfant qui pousse ses deux mères à vouloir déménager d’Uniontown, que Jennifer décrit comme une ville «blanche, conservatrice et intolérante sur la question raciale», une mentalité source d’angoisse pour les deux mères. «Ici, ce n’est pas New York ou Los Angeles. En tant que lesbienne vivant dans une petite ville, j’ai vécu des choses difficiles. Je ne veux pas que ma fille vive la même chose», poursuit Jennifer. «Nous voulons que les responsables soient reconnus et que notre histoire ne se reproduise pas.»

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