Entretiens avec Nathalie Kosciusko-Morizet et Valérie Pécresse, députées UMP.
Entretien avec Valérie Pécresse, députée UMP des Yvelines et porte-parole de l'UMP.
Comment analysez-vous la victoire de Ségolène Royal?Valérie Pécresse. Au bout du compte, on se rend compte que les primaires n’ont rien changé malgré les nombreux faux-pas de Ségolène Royal tout au long de la campagne interne. Des faux-pas qui auraient pu faire douter les militants. Mais en réalité, ces derniers ont choisi celle qui pouvait le mieux concurrencer Nicolas Sarkozy. Ils véhiculent ainsi le même message que les militants UMP: 2007 sera une année cruciale pour le pays et nous avons besoin d’unité pour gagner.
Vous n’avez pas peur que la candidate PS représente plus la rupture que Nicolas Sarkozy?Ce sont deux candidats qui portent une forme de renouvellement pour des raisons assez différentes. Mais au contraire de Ségolène Royal qui fait preuve de fragilité et donne le sentiment d’improvisation, Nicolas Sarkozy porte un projet moderne, dense et réalisé avec les 300.000 militants du parti. Moi, je ne sais pas bien quel est le projet de Ségolène Royal. On voyait celui de DSK ou de Fabius. Mais elle, va-t-elle porter le projet du PS? Il y a beaucoup d’improvisations de sa part, on ne sait pas trop où elle va?
Beaucoup assuraient que ses carences apparaîtraient lors des débats internes. Même si cela a pu être le cas, cela n’a pas fait changer le vote des militants. Vous en tirez des leçons au cas où elle se retrouve face à Sarkozy?Je crois vraiment que ce sera une campagne projet contre projet. C’est cela que les Français attendent. Pour nous, Ségolène Royal est désormais un candidat comme les autres. Si elle porte le projet du PS, on se rendra compte qu’il s’agit d’un projet archaïque et inadapté.
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Entretien avec Nathalie Kosciusko-Morizet, députée UMP de l’Essonne et proche de Nicolas Sarkozy.La victoire de Ségolène Royal vous surprend ?Non, c’était une victoire annoncée. Cela traduit une volonté de renouvellement. Il y a besoin de nouvelles têtes, de nouveaux styles. En face, elle avait pour concurrent Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, qui sont très connus. Cela cadre bien avec la volonté de faire de la politique autrement.
Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal font de la politique depuis longtemps. Pourquoi donnent-il l’impression d’un renouvellement ?S’ils apparaissent comme faisant de la politique autrement, c’est plus une question de style que de parcours. Il est vrai que Ségolène Royal a une trajectoire plus que conformiste, institutionnelle : l’ENA, conseillère à l’Elysée, députée, ministre… Mais elle parle différemment des autres.
Une femme comme adversaire, c’est un vrai danger pour Nicolas Sarkozy ?Il y a un vrai danger à présenter les choses de cette manière. Il est vrai que c’est nouveau d’avoir une femme qui a des chances d’être élue présidente. Mais Ségolène Royal est avant tout un candidat qui défend ses idées. Il y a deux visions du féminisme. Celle de Simone de Beauvoir qui dit que les femmes doivent accéder aux mêmes fonctions que les hommes parce qu’elles sont comme les hommes. Et puis il y a le différentialisme : il faut plus de femmes en politique parce qu’elles sont différentes et qu’elles peuvent apporter quelque chose de différent. Ségolène Royal joue sur ce registre mais cela trouve vite ses limites. Car si on va au bout de cette logique, les femmes se retrouvent enfermées dans ce qui les différencie et on les cantonne aux questions de famille, de petite enfance, de scolarité. J’ai toujours refusé cet enfermement.
Recueilli par David Carzon