Olivier Besancenot est porte-parole de la LCR.
Vous avez déclaré que les électeurs socialistes allaient se réveiller avec la gueule de bois. Pour quelles raisons?En votant pour Royal, les socialistes ont voulu se débarrasser de la droite et des éléphants du PS. Ils vont avoir la gueule de bois quand ils vont se rendre compte que Ségolène Royal ne leur permettra pas cela, et qu’elle défend un projet sécuritaire et libéral. Sa victoire renforce la nécessité de faire entendre la voix de la gauche antilibérale.
Vous craignez les électeurs de gauche votent utiles au premier tour de la présidentielle 2007 comme ils l’ont fait hier avec Royal?Oui, probablement, car le syndrome du 21 avril est dans toutes les têtes. Si le PS n’est pas trop bête, il n’aura même pas à faire campagne sur son programme, il lui suffira de culpabiliser les gens. J’espère au contraire que nous pourrons ouvrir un débat de fond.
Sur quels thèmes?Sur les licenciements, les services publics, le pouvoir d’achat. Le projet du PS prévoit un Smic à 1.500 euros brut d’ici 2012, c’est très insuffisant. Sur les licenciements, je déplore le manque de réactivité du PS. Quand des salariés se battent pour leur emploi et qu’on leur envoie des CRS, toute la gauche devrait se déplacer pour les soutenir et attirer l’attention des médias.
Mettez-vous Ségolène Royal dans le même sac que Nicolas Sarkozy? Non je n’ai jamais dit que c’était bonnet blanc et blanc bonnet. Mon adversaire c’est Sarkozy et le Medef. Mais pour être efficace face à eux, il faut leur opposer une gauche anticapitaliste. Et puis l’histoire a montré que royalistes et révolutionnaires avaient du mal à s’entendre.
Recueilli par Stéphane Colineau