Les deux concurrents de Ségolène Royal ont appelé au rassemblement
Dominique Strauss-Kahn, loin derrière Ségolène avec 20.83%, a bien été forcé de le reconnaître: «Elle a gagné, elle a bien gagné, tout le monde sera derrière elle. On a mené une belle bataille et constitué une force dans le PS avec laquelle il faudra compter demain», a ajouté le député du Val d’Oise. Laurent Fabius – qui n’a totalisé que 18.54% des voix – s'est également dit "prêt" vendredi à assurer le "rassemblement des socialistes" avec Ségolène Royal. La veille, Claude Bartolone, son directeur de campagne, avait d’ores et déjà appelé les militants à «se rassembler pour battre la droite».
Un appel au rassemblement officialisé par le premier secrétaire du PS, François Hollande, vendredi matin. «Tous les socialistes ont gagné», a-t-il déclaré, ajoutant que le vote a été «clair, transparent, ample quant à son résultat». Le compagnon de la députée des Deux-Sèvres a par ailleurs souligné que celle-ci devait «garder son identité, son originalité».
L'appel semble avoir été entendu. Même si Lionel Jospin ne s’est pas encore fait entendre, Bertrand Delanoë, qui avait appelé à voter blanc, s’est félicité que la présidente de Poitou-Charentes ait «franchi triomphalement la première marche de la reconquête du pouvoir», relançant «la machine à gagner». Un avis partagé par la maire PS de Lille Martine Aubry, également proche de Jospin: «Au-delà de notre parti, cette décision engage des millions de personnes. Nous avons «un devoir de victoire» en 2007. Les Français nous attendent, nous n’avons pas le droit de les décevoir».
«Tout le monde va compter, personne ne sera exclu, a assuré pour sa part Julien Dray, porte-parole du PS pro-Ségolène. Les dirigeants socialistes ne peuvent pas s’opposer à cette volonté militante (...). Sa force, ce sont les militants».
Mais dans le grand parti socialiste, un seul irréductible résiste encore et toujours à Ségolène Royal: le fabiusien Jean-Luc Mélenchon, qui ne se rallie pas au vote des militants: «Je suis très déçu, je suis perplexe, ça me met dans un sentiment de consternation», a-t-il déclaré jeudi soir. Ajoutant: «Je me demande ce que je vais faire».
L’appel au rassemblement sonne pourtant même à l’extérieur du PS. Le Parti radical de gauche (PRG), présidé par Jean-Michel Baylet, a ainsi estimé vendredi que le «franc succès» de Ségolène Royal la place «dans la meilleure position pour rassembler la gauche» et «créer une dynamique d’espérance».
Dans une déclaration (
voir la vidéo) depuis son fief de Melle (Deux- Sèvres), la gagnante a déclaré «vivre intensément ce moment de bonheur. Les militants sont venus voter (…). Le peuple français s’est mis en mouvement, il ne sera pas déçu». Ségolène Royal doit faire une déclaration vendredi à 11h30 mais dès hier soir, elle a appelé au «rassemblement de tous les militants» pour «construire ensemble quelque chose d’extraordinaire».
Catherine Fournier