Tu n'enverras point de «sextos»

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Publié le 19 janvier 2010.

SOCIETE - Une cour d’appel américaine doit décider de la légalité de ces SMS suggestifs...

Une adolescente a-t-elle le droit d’envoyer des photos «osées» d’elle-même par texto? C’est le brûlant débat qui a agité vendredi une cour d’appel américaine, en Pennsylvannie. Pour le procureur, une jeune fille qui pose, seins nus, sur une photographie qui a circulé devrait être poursuivie pour «pédopornographie».

 Or les «sextos» ou  les «sexmails» - des textes ou des photos à caractère sexuel envoyés avec un téléphone portable ou par Internet - sont courants chez les adolescents et les jeunes adultes, qui les destinent principalement à leur petit(e) ami(e). D’après une étude commandée par une association de prévention contre les grossesses non désirées chez les adolescentes, un adolescent américain sur 5 en envoie.

Aux Etats-Unis, un programme de rééducation
A l’origine de l’audience de vendredi, une jeune adolescente qui apparaît en soutien-gorge, sur des photographies… retrouvées sur les téléphones de 16 jeunes du comté de Wyoming. Lors d’un premier jugement, en mars 2009, la justice considère que la liberté d’expression prévaut, et que ces photos ne présentent pas de caractère délictueux.

La majorité des familles concernées acceptent alors un programme de «rééducation» visant à leur faire comprendre en quoi le «sexting» est condamnable. L’adolescente qui a comparu vendredi, elle, a refusé de participer à ce programme.

La cour d’appel a 90 jours pour rendre un arrêt. Sa décision fera jurisprudence. Car les débordements liés au «sexting» sont nombreux. La diffusion des images, la plupart du temps à l’insu de la personne photographiée, entraîne des dégats, parfois irréversibles, chez les victimes. En 2008, une Américaine est retrouvée pendue, alors que son petit ami avait envoyé des photos d’elle nue à des filles de son lycée.

En France, cinq ans d’emprisonnement ?
Les juristes français commencent à entendre parler de cette pratique. Béatrice Ghelber, avocate spécialisée en droit des personnes, a rencontré «au moins deux cas» de parents inquiets à propos de photos de leur fille. Dans ce cas, elle les encourage à régler le problème à l’amiable, «pour le bien de la jeune fille».

En France, une personne qui transmet le «sexto» à plusieurs personnes peut être poursuivie pour atteinte à la vie privée, mais aussi pour diffusion d’images à caractère pornographique concernant un mineur. Elle risque, dans ce dernier cas, cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

«Pour l’instant, on peut difficilement imaginer des poursuites contre la personne figurant sur la photo», explique l’avocate interrogée par 20 minutes.fr. Si les cas se multiplient, «ce qu’on pourrait imaginer, c’est que la personne soit accusée de complicité de diffusion de ces images». Dans ce cas, envoyer un «sexto» à son compagnon serait également passible de cinq ans de prison et de 75 000 euros d’amende. Ca fait cher le texto...
 

>> Pensez-vous que ces photographies intimes devraient être interdites, même pour l’usage privé ? Qu’il faut réglementer cette pratique ? Ou ne rien faire, et laisser ces personnes assumer leurs photos?

T. B.
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