Car polonais: «Le GPS, ce n’est pas un pilote automatique»

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Publié le 26 juillet 2007.

ACCIDENT – Les professionnels des transports en autocar ne croient pas à l’excuse du navigateur GPS…

«Le chauffeur n’a pas subi de pression. Il a pris cette route car son GPS lui indiquait cet itinéraire afin de prendre plus tard l’autoroute», a affirmé mercredi soir le procureur de la République de Grenoble, Serge Samuel, à propos de l’accident du car polonais survenu dimanche 24 juillet à Vizille (Isère).

Une version que les professionnels des transports en autocar ne prennent pas au sérieux. «Le GPS, ça peut être une donnée de l’accident de la côte de Laffrey, souligne ainsi Paul Llorente, chargé de communication à la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV). Mais ça me semble secondaire. D’autant qu’un navigateur GPS dispose normalement d’une option poids lourds. Si un conducteur active cette option, la côte Laffrey est indiquée comme interdite».

Et d’ajouter: «Le non-respect du code de la route ou le fait que le panneau d’interdiction de la route aux autocars n’ait peut-être pas été compris par le chauffeur me semblent des éléments plus importants.»

«Quand on voit un panneau d’interdiction, on le respecte»

Contacté jeudi après-midi par 20minutes.fr, le responsable d’une grosse société de transport en autocar d’Ile-de-France enfonce le clou: «Le GPS, ce n’est pas un pilote automatique, c’est une assistance à la conduite. Les particuliers le savent bien: le GPS oublie parfois de signaler les sens interdits. Et GPS ou non, quand on voit un panneau d’interdiction, on le respecte. Pour moi, le drame de Vizille est une conjonction d’erreurs humaines. Le chauffeur n’a pas respecté les panneaux d’interdiction, il n’a à mon avis pas assez utilisé son frein moteur, et je me demande s’il disposait d’un système de freinage électrique au volant, dont la plupart des cars modernes sont équipés. Par ailleurs, je ne comprends pas pourquoi le car a autant brûlé. Tous nos véhicules sont traités pour ne pas prendre feu.»

A la FNTV, on ajoute que l’accident de Vizille doit déboucher sur une remise en question au niveau européen: «Il faut mener une politique d’harmonisation de la signalisation, pour les points noirs comme pour le code de la route, ainsi que de la formation des chauffeurs», assure Paul Llorente.

L'enquête sur l’accident devrait franchir un nouveau pas le 6 août prochain, avec le début de l’expertise du véhicule. Elle n'est pas jugée «fondamentale» puisque le car polonais, de facture récente, avait subi un contrôle technique récemment. Néanmoins, les enquêteurs attendent les documents techniques du véhicule, afin d'étudier son système de freinage, qui a, selon des rescapés, lâché pendant la descente.
Nicolas Coisplet

Pratique Selon les autocaristes, l’utilisation d’un navigateur GPS peut être un plus pour les voyageurs. «Il permet d’informer en temps réel de la durée du voyage et de l’heure prévisionnelle d’arrivée, affirme Paul Llorente. Et ça peut être pratique, même pour un professionnel, lorsqu’on recherche une adresse précise dans une grande ville.»
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