On a pris un selfie Facebook en réalité virtuelle (et c'était nul)

TECHNOLOGIE L'entreprise lance l'expérience sociale Spaces pour l'Oculus Rift...

Philippe Berry

— 

Un selfie virtuel dans l'app Spaces de Facebook pour l'Oculus Rift.

Un selfie virtuel dans l'app Spaces de Facebook pour l'Oculus Rift. — 20 MINUTES

La réalité virtuelle est morte, et la perche à selfie lui a porté le coup de grâce. Mardi, Facebook a lancé Spaces, une expérience sociale pour son casque Oculus Rift. Selon le futur imaginé par Mark Zuckerberg, nos avatars discuteront et joueront dans des environnements virtuels extraordinaires. Ou pas.

D’abord, il faut péniblement enfiler un casque en évitant d’écraser ses lunettes. « Comme une casquette de baseball », encourage David, un assistant de Facebook. Ensuite, on tend les bras comme un zombie qui joue à Colin-maillard pour essayer d’attraper les manettes Oculus Touch. Comme on n’y voit rien, c’est assez comique pour les spectateurs.

Salut, je suis un Mii

Les algorithmes de Facebook transforment automatiquement une vieille photo de profil en avatar 3D virtuel, et le résultat tient plutôt d’un Mii de Nintendo que de Picasso. « Salut, ça va ? », demande David. Ça n’a pas l’air d’aller pour Chris, qui regarde fixement ses pieds.

Utiliser ses mains virtuelles relève de la mission impossible, surtout quand il faut pointer l’index tout en appuyant sur l’une des deux gâchettes avec le majeur. David est très patient, alors qu’il répète la même explication pour la douzième fois.

La première activité ? Dessiner. On écrit sans difficulté mais avec les bras levés, la crampe arrive vite. David nous transporte ensuite dans le Yosemite. « J’espère que personne n’a le vertige », glisse-t-il, avec un ton sadique qui sous-entend exactement l’inverse. Car le cerveau se fait facilement truander. Impossible de survoler le Half Dome en deltaplane sans crier comme une petite fille. Le réflexe initial passé, on admire le paysage, un peu gâché par des images à la résolution deux fois trop faible pour vraiment faire rêver.

Vraies réactions, fausses émotions

« Regardez par là ! » David sort une perche à selfie. Cheeeeese. Comme le casque d’Oculus ne fait pas encore faire de tracking des expressions faciales, les avatars ont un sourire constipé automatique. A notre tour d’essayer. Un coup sur la gâchette pour attraper la perche, cadrer, c’est dans la boîte. « Good job ! » David tend son poing. Sans réfléchir, on fait pareil, pour un « fist bump » virtuel. C’est le moment le plus intéressant de cette démo : ce feeling de « présence » indescriptible est bien là, et on réagit automatiquement aux stimuli.

En attrapant la photo, on peut la poster sur Facebook en tournant le poignet à 90°. Nos amis peuvent alors admirer un avatar sans jambes qui flotte au-dessus d’un paysage un peu flou. C’est aussi authentique que des touristes qui posent devant un écran vert pour faire croire qu’ils sont devant le Grand Canyon. D’ailleurs, en deux heures, ce selfie récolte… zéro like. Antisocial jusqu’au bout.