Apple, Samsung, Sony: Qui a copié qui?

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Publié le 2 août 2012.

HIGH-TECH - Les deux adversaires, opposés dans un procès sans précédent depuis lundi, croisent le fer...

Pour des firmes payées 500 dollars de l'heure, les avocats représentants Apple et Samsung se comportent parfois comme des enfants dans un bac à sable, et la juge Koh les gronde régulièrement. Alors que l'audience doit reprendre vendredi, la journée de mercredi a été marquée par les retombées du coup de poker tenté par Samsung la veille au soir.

>> Les enjeux d'une bataille historique à lire ici

 

Dans une lettre de cinq pages , les avocats de Samsung ont dû expliquer pourquoi l'entreprise avait adressé, mardi, cinq slides PowerPoint à plusieurs journaux, alors que le juge avait refusé d'admettre ces éléments au dossier.

 

«Contrairement à ce qu'a sous-entendu Apple, nous n'avons pas envoyé de communiqué de presse officiel (…) mais simplement répondu à des requêtes de plusieurs journaux», explique Samsung, selon qui les documents étaient «dans le domaine public» (car ils étaient apparus dans une phase préliminaire de la procédure ouverte aux médias). L'entreprise estime donc n'avoir violé «aucune règle judiciaire ou éthique». Enfin, Samsung nie avoir voulu «influencer» le jury. La raison: le juge avait déjà ordonné aux neuf membres de ne plus consulter d'articles relatifs au dossier.

 

En apprenant le coup de Samsung, la juge est devenue «livide», selon les témoins. On ne sait pas encore ce qu'elle a pensé de la réponse et si elle prendra des sanctions contre les avocats de la firme coréenne. Quelques heures auparavant, l'un d'entre eux avait même «supplié» Lucy Koh d'intégrer ces pièces au dossier. «J'ai déjà refusé au moins 10 fois. Ne m'obligez pas à vous sanctionner pour outrage», avait-elle répondu.

 

Influence de Sony

 

Que trouve-t-on sur ces fameux documents? Dans le premier, Samsung cite le témoignage d'un designer d'Apple, Shin Nishibori, recueilli lors d'une audience préliminaire. Il raconte que Jonathan Ive, designer en chef d'Apple, est venu le voir, début 2006 (près d'un an avant la sortie de l'iPhone), lui demandant: «Imagine si Sony réalisait un iPhone. A quoi ressemblerait-il? Pourrais-tu réaliser» un prototype? Pour Samsung, on se situe-là dans une variante du classique «c'est celui qui dit qui y est». Selon l'entreprise, tous les concurrents s'inspirent les uns des autres.

 

Le concept «Jonny» ressemble en effet à un hybride de ce qui deviendra l'iPhone, mâtiné à une «Sony touch». Oui mais voilà, Apple a par la suite présenté des prototypes antérieurs, notamment le modèle baptisé «Purple», datant de 2005, avec une identité d'iPhone déjà bien affirmée. En somme, la carte Sony n'a pas beaucoup de poids.

 

Des concepts de Samsung antérieurs à l'iPhone

En revanche, les autres documents sont plus intéressants. Samsung présente toute une série de concepts maison antérieurs à la présentation de l'iPhone, prouvant que l'entreprise coréenne expérimentait déjà sur des smartphones tactiles avec un écran rectangulaire, des coins arrondis et une grille d'icônes.

 

«Apple n'a pas le monopole du minimalisme et de la forme rectangulaire», a attaqué un avocat. La juge a d'ailleurs reconnu que des brevets asiatiques plus anciens, notamment de Sharp ou encore de LG, étaient très proches de ceux accordés à Apple aux Etats-Unis, signe que l'iPhone n'était pas aussi «révolutionnaire» que Steve Jobs ou les avocats d'Apple l'affirment.

 

Pour certains, le smartphone suit simplement la même route que la brosse à dents ou la tronçonneuse, avec des modèles concurrents qui se ressemblent fortement. Malgré tout, comme le rappelle à 20 Minutes l'expert en droit des brevets Florian Müller, le dossier d'Apple ne porte pas simplement sur une forme générale mais sur «une combinaison d'éléments esthétiques et logiciels précis». Selon lui, Apple dispose d'un dossier «solide».

 

Reste une question à 2,5 milliards de dollars (la somme réclamée par Apple): pourquoi la juge Koh a-t-elle refusé ces documents? Selon le Wall Street Journal, car ils ont été soumis trop tard lors de la phase préliminaire. L'erreur pourrait coûter cher à Samsung. Selon Brian Love, juriste et enseignant à Stanford, quel que soit le jugement, «l'affaire ira en appel». Samsung pourra alors tenter de faire réintégrer les documents. Une fois de plus.

Philippe Berry
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