Ils sont dix, sept hommes et trois femmes. Désignés lundi au bout d'une première journée interminable, ils vont devoir, au cours des quatre prochaines semaines, décider de l'issue du plus important procès technologique de ces dix dernières années.
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Apple a l'avantage de jouer à domicile. Mais le juge Lucy Koh a d'emblée écarté tout biais pro-Américain, rappelant aux jurés qu'ils devraient se prononcer uniquement sur la base des éléments présentés par les deux partis.
«Apple fait des produits cool»
La sélection du jury a occupé l'essentiel de cette première journée. Les arguments d'ouverture des avocats ont été repoussés à mardi. Sur les 74 personnes convoquées, plus d'une dizaine avaient, directement ou pas, des liens avec Apple, Samsung, Google (qui met au point le logiciel Android) ou Motorola, racheté par Google récemment. Un employé d'Apple qui souhaitait que son entreprise «gagne» a été écarté, tout comme un ingénieur de Google.
Les avocats des deux partis ont encore recalé plusieurs personnes dont des proches travaillent pour Apple ou Google, un blogueur couvrant les produits de la marque la pomme et une jeune femme ayant déclaré qu'elle comptait bientôt acheter un iPad car «Apple fait des produits cool».
Au final, le jury assemblé est hétéroclite et comprend notamment un ouvrier paysagiste, une assistante sociale, un ingénieur et un patron de PME.
Un atout de Samsung écarté
Le juge Koh a estimé que Samsung ne pourrait pas présenter des dessins de prototypes de smartphones de Sony qui auraient, selon les avocats de la firme coréenne, «inspiré» le design de l'iPhone. En riposte, Apple a en effet fourni des schémas d'un prototype d'iPhone plus ancien que ceux de Sony, à la forme assez proche du produit final.
Apple réclame 2,5 milliards de dollars (1,9 milliard d’euros) de compensation, estimant que Samsung a copié le design de l'iPhone et de l'iPad et en a tiré de juteux profits –la firme sud-coréenne est récemment devenue le n°1 mondial des ventes de smartphones (en unités). En face, Samsung a riposté en dégainant des brevets de télécommunication et cherche surtout à faire lever l'injonction temporaire frappant plusieurs de ses gadgets aux Etats-Unis.