De notre correspondant à Los Angeles
Le buzz fut énorme. Les ventes le sont moins. En tout cas à en croire l'estimation réalisée par le cabinet d'analyse Flurry, qui extrapole des chiffres de vente d'applications présentes sur 80% des smart phones. En 74 jours, Google n'aurait vendu que 135.000 Nexus One. Sur la même durée, Apple avait avait écoulé un million du premier iPhone (un cap que le 3GS avait mis moins d'une semaine à atteindre aux Etats-Unis).
Comment expliquer cette contre-performance? D'abord, Google a fait le choix de vendre son téléphone directement en ligne. Ensuite, le partenaire qui propose le Nexus One dans le cadre d'un contrat de deux ans à un tarif avantageux (179 dollars) s'appelle T-Mobile, qui n'est que le 4e opérateur aux Etats-Unis. Pour la version déverrouillée, il faut débourser 529 dollars (tarifs pour la France ici).
Pour ajouter à la confusion outre-atlantique, la version déverrouillée fonctionne donc avec tous les opérateurs, mais uniquement avec le réseau 3G de T-Mobile (les opérateurs utilisent tous des fréquences différentes). C'est un peu comme conduire une Ferrari en étant limité à 50 km/h. Google vient simplement de commercialiser un modèle compatible avec la 3G d'AT&T ce mardi. Verizon devrait suivre plus tard.
Tout n'est pas noir. Si Google connait un échec pour le premier téléphone qu'il commercialise directement (mais ne fabrique pas, c'est le taiwanais HTC qui s'en charge), son système Android gagne des parts de marchés. Le Droid de Motorola s'est déjà vendu à un million d'exemplaires en deux mois.
Sur le marché des OS mobile, Android a grignoté 4 points entre octobre et janvier (à 7,1%) aux Etats-Unis, tandis qu'Apple était quasi stable (25,1% du marché). Reste à voir si la bonne performance collective d'Android se poursuivra quand Apple sortira un nouvel iPhone cet été et que le Windows 7 Phones series de Microsoft débarquera fin 2010.