Les éditeurs français ont-ils attendus 19h, l’oreille dressée vers San Francisco, pour en savoir plus sur la fameuse tablette d’Apple? Apparemment non. «Il est évident qu’il se passe quelque chose en ce moment, mais les choses ne bougeront pas à la seconde, tempère Tessa Destais, conseillère du président du groupe d’édition La Martinière. L’arrivée de cette tablette est importante, au même titre qu’Amazon ou Google qui proposent des modèles innovants. Le groupe La Martinière étudie sérieusement l’évolution du marché, mais toute précipitation serait une erreur.»
La petite pomme qui fait des ravages
Tout comme l’iPod ou l’iPhone dans leur domaine, l’iPad pourrait à son tour activer le décollage du marché de l’eBook en France. Le succès des applications de lecture sur iPhone en témoigne. «De plus, ajoute Lorenzo Soccavo, les tablettes de lecture basées sur la technologie de l'encre électronique apparaissent peu attractives à des lecteurs habitués à l'interactivité du Web 2.0 et aux smartphones intuitifs et connectés.» L’iPad ne peut être qu’une bonne nouvelle pour les éditeurs, dynamisant la concurrence, diversifiant l’offre.
En revanche, les distributeurs, Amazon en tête, pourraient avoir du souci à se faire si les équipes de Steve Jobs installent très vite un «bookstore» sur le modèle d’iTunes: «C’est plus sur le modèle de diffusion qui sera mis en place, que sur la "machine à lire" et ses performances, que tout va se jouer», conclut Lorenzo Soccavo. «2010 sera l’année de la recherche en matière de tablettes et de leur prix, et le consommateur jugera, reprend Tessa Destais. Le métier d’éditeur s’attache au contenu qui lui ne change pas: protéger la création et le contenu littéraire fait partie de ses fondamentaux. En matière de livres, numériques ou autres, c’est quand même l’essentiel.»