HIGH-TECH - Si Apple devrait dynamiser le marché, le concept a émergé il y a bien longtemps..
De notre correspondant à Los Angeles
Steve Jobs et Moïse, même combat. De son nuage, Dieu descendra mercredi sur San Francisco. Le tonnerre grondera alors qu'il transmettra au patron d'Apple sa tablette sacrée. Et les fidèles, par millions, se prosterneront. Face à l'effervescence suscitée par la grand messe d'Apple, la métaphore religieuse est à peine exagérée. Mais de nombreux béotiens se grattent encore la tête et se posent deux questions: c'est quoi un tablet-PC; et pourquoi tout ce foin.
>> La conférence d'Apple à suivre en direct sur 20minutes.fr, mercredi à partir de 19h
Depuis
les débuts du «personnal computer» dans les années 70, l'idée d'une machine compacte, transportable, avec laquelle on pourrait interagir sans clavier, a régulièrement titillé l'esprit des constructeurs. De Xeros à Apple (avec sa gamme
Newton) en passant par Palm, HP ou Fujitsu, tous ont commercialisé à un moment ou à un autre
de tels modèles.
Au cours des années 80, l'accent est mis sur la reconnaissance de l'écriture. Mais c'est surtout au début des années 90 que la
hype du «pen computing» atteint son paroxysme. Avec Windows 3.11, Microsoft offre même une prise en charge des stylets.
Certains rappellent judicieusement que la presse fut alors enthousiaste avant de déchanter. Malgré une mort clinique du «pen computing» en 1995, Microsoft relance la tendance –rebaptisée «tablet-PCs»– en 2001. Mais à des degrés différents, tous les modèles ou presque ont jusqu'ici connu l'échec auprès du grand public.
Bon à tout faire, bon à rien
Sauf surprise, la tablette qu'Apple présentera ce mercredi devrait ressembler à un iPhone de la taille d'une demi-feuille A4 (10'' de diagonale, 100% tactile). Suffisamment confortable pour surfer, téléphoner si elle inclut bien une puce 3G, regarder des vidéos et surtout
lire des livres, des journaux et des magazines.
Le problème identitaire d'un tel appareil, c'est qu'il s'agit par certains aspects d'un mauvais ordinateur portable (pas de clavier), d'un mauvais eReader (durée de vie de la batterie plus faible) et d'un mauvais téléphone portable (qui ne tient pas dans la poche).
Le bon moment?
Pour l'analyste
Scott Steinberg, Apple arrive cependant au bon moment. «On est au confluent de plusieurs tendances: la baisse du prix du matériel, l'intérêt du public pour les couteaux suisses, sa familiarisation avec les écrans tactiles et une vraie demande pour des appareils permettant d'être connecté en permanence», explique-t-il à 20minutes.fr
A supposer que le marché décolle grâce à des contenus (livres, magazines, apps) tirant enfin partie des possibilités du matériel, reste une question: les Lenovo (qui a séduit au CES
avec son hybride U1), HP ou encore Microsoft laisseront-ils l'histoire de l'iPod se répéter ou riposteront-ils suffisamment tôt?
Philippe Berry