Google sanctionne désormais les sites accusés de piratage

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Publié le 14 août 2012.

WEB - Les pages qui proposent de télécharger du contenu illégal sont rétrogradées dans les résultats affichés par le moteur de recherche...

L’industrie de la musique et celle du cinéma peuvent se réjouir. Google a annoncé qu'il avait modifié l’algorithme de son moteur de recherche, avec pour objectif: «Trouver plus facilement des sources légitimes, avec des contenus de qualité». Traduction: les sites signalés à plusieurs reprises comme illégaux n’apparaîtront plus dans les premiers résultats. Ainsi, The Pirate Bay ou ceux qui hébergent des fichiers soumis à des copyrights vont être rétrogradés sur Google. Place aux sites qui publient des contenus dont ils sont propriétaires ou dont ils ont acquis les droits.

Pour ce faire, Google va comptabiliser le nombre de fois où des liens ont été signalisés à juste titre comme illégaux en se basant sur les demandes de retraits des sites incriminés. D’après Ecrans.fr, le déclassement concernera tout un site dès lors que plusieurs de ses pages seront considérées comme hébergeant illégalement du contenu protégé. La firme de Mountain View a rendu publiques les demandes de retraits d’URL qu’elle recevait dans son Transparency Report. Il est donc facile de connaître les sites qui risquent d’être sanctionnés par Google: Fliestube.com, Extratorrent.com, TorrentHound.com, IsoHunt.com, BitSnoop.com, Torrentz.eu, Kat.ph, 4Shared.com, Flietram.com, FileSonicSearch.com, FileSonic.com ou encore ThePirateBay.se. Tous ces sites ont fait l’objet de plus de 100.000 demandes de retrait d’URL. Au cours des trente derniers jours, Google a reçu plus de 4,4 millions de demandes de retrait, dont près d'une sur cinq émanait de la Recording Industry Association of America (RIAA), le lobby de l'industrie musicale qui regroupe EMI, Sony, Universal et Warner.

Des liens rétrogradés, mais pas supprimés

Le moteur de recherche précise qu'il ne «supprimer[a] aucune page des résultats de recherche, à moins qu'[il ne reçoive] une notification du vrai détenteur des droits». Google a même prévu un système de «contre-notification»: «Si des webmasters pensent qu'un lien pointant vers leur site a été retiré à tort en raison d'une demande déposée contre eux, ils peuvent envoyer un formulaire de notification de contestation». Les équipes de Mountain View vont avoir du pain sur la planche.

La Motion picture association of America (MPAA), association qui défend les intérêts de l’industrie cinématographique américaine, a salué cette annonce dans un communiqué, déclarant: «Nous sommes optimistes, les actions de Google vont contribuer à orienter les consommateurs vers les multiples chemins légitimes permettant d’accéder aux films et émissions de TV en ligne, loin des hébergeurs de fichiers voyous, sites de P2P et autres entreprises illégales qui volent le dur labeur des créateurs à travers le monde». Cary Sherman de RIAA, a de son côté déclaré: «Ce changement est une étape importante dans la bonne direction, une étape que nous avons réclamée de Google de longue date, et nous félicitons l’entreprise pour son action.» 

La Quadrature du Net, organisation de défense des droits sur Internet, ne voit pas les choses de la même manière. Elle estime que «la contrefaçon est un délit pénal complexe» et que  «Google n'a pas à faire le juge et le flic». Pour l’organisation, «c'est à la justice de régler ces questions-là», rapporte Le Point. L’Electronic Frontier Foundation dénonce, elle, «un processus très opaque». 

Un traitement préférentiel pour YouTube?

Un paradoxe demeure. Google a lui-même été poursuivi plusieurs fois pour violation de copyright par des éditeurs de livres ou encore des sociétés cinématographiques et de production audiovisuelle. Quid, par exemple, des accusations de piratage formulées à l’encontre de YouTube, sa plateforme de partage de vidéos? Le site Search Engine Land pointe du doigt le fait que le formulaire en ligne de Google qui sert à demander la suppression de contenus redirige vers une page spéciale pour YouTube, qui possède son propre système de demande de retrait. YouTube ne risque donc pas de perdre de places dans le classement des résultats. Toutefois, Google dément un traitement préférentiel pour ses plateformes: «Nous traitons YouTube comme n'importe quel autre site dans les classements de recherche. Cela dit, nous ne nous attendons pas à ce que le changement dans l'algorithme de recherche rétrograde des résultats pour des sites populaires dont le contenu est généré par des utilisateurs». Même s’ils font l’objet de nombreuses réclamations, Facebook, DailyMotion ou encore Twitter n’ont donc rien à craindre.

Anaëlle Grondin
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