Jeux Olympiques de Londres: «Le risque de cyber-attaques est réel»

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Publié le 11 avril 2012.

INTERVIEW - Patrick Adiba, directeur général Espagne & Jeux Olympiques d'Atos, entreprise française chargée de gérer et sécuriser le système informatique aux JO de Londres, revient sur les défis technologiques qu'impose un tel événement, avec des chiffres impressionnants...

Concrètement, que va assurer Atos aux Jeux Olympiques de Londres cet été? Quels services allez-vous fournir sur place?

Atos est le partenaire informatique mondial du Comité international olympique pour tous les Jeux d’Hiver et d’Eté depuis Salt Lake City jusqu’à Rio de Janeiro. On s’occupe de toute la technologie qui permet d’organiser les jeux (les accréditations pour identifier les personnes par exemple ou les transports), et de diffuser les résultats des compétitions en temps réel ainsi que les informations sur les athlètes (biographies, palmarès, etc). On capte les informations sur une compétition par exemple, on les stocke, on les sauvegarde, on les diffuse, dans le stade et le monde entier. Sur place, on a une équipe de 4.000 personnes, 10.000 ordinateurs, 1.000 serveurs. On crée une véritable ville. La partie sécurité informatique est très importante pour s’assurer que les résultats soient bien transmis sans être modifiés par des personnes malveillantes ou par erreur. Au niveau des accréditations aussi c’est important. Par exemple, on va accréditer 200.000 personnes, avec un badge qui a valeur de Visa. Le niveau de sécurité est le même que pour une carte d’identité électronique.

Au niveau cybersécurité, les risques sont-ils réels? Vous craignez les hackers, les cyber-attaques?

Oui, le risque est bien réel. Il est primordial de protéger le système informatique des hackers ou de personnes qui ont de mauvaises intentions. L’essentiel des données est considéré sensible. Ne serait-ce que la logistique des transports. Vous imaginez si un athlète arrive en retard pour la compétition… On pense aussi au cyberterrorisme, aux cyber-revendications qu’il pourrait y avoir pendant les Jeux. Atos a pris ça particulièrement en compte depuis Salt Lake City en 2002. C’est obligatoire depuis le 11 septembre.

Il y a déjà eu des cyber-attaques pendant des Jeux Olympiques précédents?

A Pékin [en 2008], notre système de sécurité a géré 16 millions d’événements individuels par jour. Un ‘événement’, c’est juste une anomalie, ça peut être quelqu’un qui se trompe de code en accédant à son ordinateur. Notre système de supervision de la sécurité corrèle les anomalies pour déterminer si ça peut être un danger potentiel, s’il y a par exemple tentative de s’introduire dans le système. Cela peut simplement être quelqu’un qui veut lire ses e-mails. La sécurité informatique, ce n’est pas seulement le cyber-terrorisme ou les hackers, ça peut être une erreur humaine.  Sur toute la période des JO de Pékin et les 16 millions d’événements détectés, seulement 420 ont été traités comme des événements à risque et au final il y a eu zéro impact sur les jeux, sinon vous en auriez entendu parler!

L’information, les accréditations, les transports, les résultats en temps réel… Tout sera assuré grâce aux technologies. Ce n’est pas risqué pour le bon déroulement des Jeux? On n’est jamais à l’abri d’une panne…

Il y a plusieurs systèmes, tout est doublé. En cas de feu, d’incendie, d’inondation, on a tout prévu. On a un autre centre dans un endroit tenu secret. Il y a des gens sur place qui sont là pour continuer à opérer. Dans le cas d’Athènes [en 2004], il y avait des zones sismiques, alors on avait placé des systèmes redondants dans d’autres zones, non sismiques. On pense à beaucoup de facteurs. Tant que les jeux peuvent avoir lieu et que les athlètes peuvent concourir on doit pouvoir opérer. On ne peut pas arrêter les jeux pour la technologie. Par contre, s’il y a un événement au niveau national on est loti au même niveau que les autres.

Combien de temps vous faut-il pour vous préparer à un événement comme celui-ci?

Il nous faut quatre à cinq ans pour préparer des Jeux Olympiques. Il y a une phase d’analyse, de développement, et deux phases de simulation. Au total, on va faire 200.000 heures de tests à Londres. Et aussi des simulations en grandeur réelle, on va faire comme si les Jeux avaient lieu. Une équipe secrète d’une centaine de personnes injecte des défauts volontairement, pour vérifier que les réponses sont appropriées et que tout le monde est à son poste.

Les technologies évoluent à une vitesse incroyable. A chaque fois qu’il y a des JO, vous ne devez pas tout revoir?

Quand Atos a signé ce contrat en 2000, Internet et le téléphone mobile n’étaient pas encore vraiment répandus, ne parlons pas des réseaux sociaux. On s’adapte. On se demande quels éléments il faut absolument intégrer. On discute avec le Comité international olympique pour décider des innovations. On ne veut pas faire un showcase technologique, on veut des systèmes qui fonctionnent sans faille.

Propos recueillis par Anaëlle Grondin
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