Un exercice de maths de la Khan Academy.
Un exercice de maths de la Khan Academy. - DR

Philippe Berry

De notre correspondant à Los Angeles

De nombreux cours et conférences sont disponibles sur Internet (via iTunes U ou sur le site de l'université de Stanford, par exemple). Des universités proposent également des curriculum payants à distance. Mais le MIT veut changer la donne, avec MITx, un programme en ligne, gratuit, qui va permettre aux étudiants du monde entier d'obtenir un certificat du prestigieux établissement. Le premier module, «circuits et électronique», présenté lundi, démarre le 5 mars.

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N'importe qui peut s'inscrire. Des bases en physique et en mathématiques de première année de fac sont recommandées. La charge de travail est estimée à 10 heures par semaine. Le trimestre couvre le même programme que celui suivi par les étudiants de licence du MIT. Le principale différence, c'est que les cours sont dispensés par des vidéos à la demande, et les devoirs et les examens se font en ligne. Un forum d’entre-aide a été mis en place. Pour l'instant, les étudiants s'engagent à respecter un «code d'honneur» mais par la suite, une procédure permettra de vérifier une identité.

L'étudiant apprend à son rythme

Le MIT n'est pas le seul acteur de cette transformation. L'institution la plus en vue, c'est la Khan Academy. Fondée par Salman Khan –un ancien du MIT– elle propose plus de 3.000 vidéos, couvrant de vastes domaines, des sciences à l'histoire de l'art en passant par la finance. Des sous-titres sont disponibles dans une dizaine de langues. L'avantage d'une leçon en vidéo, c'est qu'on peut la mettre en pose et répéter un passage à l'infini, comme ces 30 minutes sur la Terreur, lors de la révolution française.

Actuellement, explique Khan, l'enseignement repose sur un paramètre fixe: le temps; et un variable: la vitesse à laquelle les élèves assimilent. Son objectif, c'est d'inverser la donne: que la connaissance acquise soit fixe, à un rythme variable.

Pour cela, des exercices interactifs (principalement en maths), permettent de se tester. On sourit devant les additions, on pioche dans ses souvenirs pour la factorisation polynomiale et on finit par demander un indice sur une intégrale complexe. Un système de points et une progression qui s'inspire de modèles du jeu vidéo ajoutent une dimension ludique agréable. Bill Gates, qui a fait une donation de 2 millions de dollars, ne tarit pas d'éloges sur un système qu'il utilise avec ses propres enfants.

Complémentaire de l'enseignement traditionnel

Khan, 35 ans, ne veut pas remplacer les professeurs mais devenir un partenaire. Aux Etats-Unis, une trentaine d'écoles expérimentent avec un programme test de l'Academy. Le professeur dispose, en temps réel, d'un feedback sur ses élèves: combien de temps passent-ils sur chaque exercice, où sont-ils bloqués, ont-ils utilisé un indice etc. Des courbes de progressions offrent un niveau de détails qu'aucun bulletin scolaire ne pourra jamais atteindre. A la maison, les élèves peuvent encore trouver de l'aide en ligne, auprès de tuteurs bénévoles. En France, plusieurs programmes pilotes similaires ont été testés, comme au lycée  René Cassin, près de Nice. La technologie et les idées sont là. A l'Education nationale de les adopter.