Le bureau «Metro» de Windows 8 face au «desktop» traditionnel de Windows 7.
Le bureau «Metro» de Windows 8 face au «desktop» traditionnel de Windows 7. - PHOTOMONTAGE/20MINUTES

Philippe Berry

De notre envoyé spécial à Las Vegas

Windows 8, OS ultime ou hybride raté? A l'occasion du CES de Las Vegas, 20 Minutes a assisté à une démonstration privée pilotée par Chris Flores, directeur de la communication pour Windows. Le jury réserve son verdict.

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Windows 8 est une chimère. Il a été conçu pour tourner sous deux espèces qui ont peu de gènes en commun: les processeurs X86, fabriqués par Intel et AMD, qui équipent la majorité des PC actuels, et les puces ARM, plus économes pour la batterie, que l'on trouve dans la plupart des tablettes. Du coup, Microsoft y fait cohabiter deux univers: d'un côté, l'interface Metro, dérivée de Windows Phone, initialement conçue pour le tactile; de l'autre, le bureau traditionnel, presque identique à Windows 7.

Première douche froide pour les utilisateurs PC: l'écran de démarrage sera obligatoirement Metro, avec ses grosses tuiles dynamiques. Le «desktop» traditionnel n'est, lui, qu'une app qu'il faut lancer. Le charger par défaut ne sera pas possible, confirme Chris Flores. Deuxième mauvaise surprise: l'univers Metro ne dispose que d'un simple champ recherche et pas d'un explorateur de fichiers. Pour utiliser ce dernier, il faut d'abord basculer sur le bureau classique. Pas très ergonomique.

Hormis ces deux points, la juxtaposition des deux mondes se révèle plaisante et bien pensée. L'écran peut par exemple se partager entre une app Metro et une «old school», pour du vrai multitasking. Tout est rapide et répond au quart de tour, les gestes tactiles peuvent s'effectuer au clavier et à la souris sans soucis.

Le bureau et les programmes traditionnels zappés sur tablette ARM?

C'est le point le plus controversé. Initialement, Microsoft avait juré que Windows 8 serait «sans compromis», le seul à offrir le meilleur des deux mondes. Cela sera vrai sur un PC ou une tablette équipée d'un processeur Intel. Pour le pari de Microsoft sur ARM, en revanche, l'incertitude sur le support des programmes classiques (et la présence-même du desktop) plane.

La famille X86 est en effet bilingue: elle est capable de faire tourner les apps Metro et les programmes traditionnels comme Photoshop ou Office. Mais pour ces derniers, ARM a besoin d'un interprète. Les développeurs seraient donc obligés de «traduire» leurs programmes pour que l'utilisateur puisse les installer et les exécuter.

Face aux risques d'incompatibilité et pour éviter une cacophonie, il se murmure désormais que Microsoft pourrait ne proposer que l'univers Metro sur les tablettes ARM. Qui seraient alors aussi limitées qu'un iPad pour la productivité. Passé au grill, Flores a botté en touche et renvoyé à des annonces futures. De quel côté penchera l'expérience finale? Premier verdict fin février, avec la sortie de la version bêta.

Prévoyez-vous d'upgrader ou de rester à Windows 7? D'acheter une tablette sous Windows 8? Dites-le nous ci-dessous.