Facebook: Bientôt la fin des polémiques sur la confidentialité?

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Publié le 15 novembre 2011.

WEB - Le «Wall Street Journal» indique que le réseau social et le gouvernement américain seraient proches d'un accord qui permettrait de mieux protéger la vie privée de ses utilisateurs...

Après deux ans de bataille, Facebook accepte enfin de suivre les recommandations de la Commission fédérale du commerce (FTC) américaine, qui attend un meilleur encadrement de l’usage des données personnelles des membres du site. D’après les informations du Wall Street Journal, le réseau social devrait signer un accord avec la FTC en ce sens dans les prochaines semaines. Selon ses termes, il s’engagerait à demander à ses utilisateurs leur consentement pour pouvoir modifier rétroactivement le degré de partage de leurs informations personnelles. L’accord interdit ainsi à Facebook «d’élargir l’audience ayant accès aux données privées des utilisateurs sans leur consentement explicite.» Et pour être certain que le réseau social ne fasse pas machine arrière, la FTC veut le contraindre à se plier à des audits réguliers sur la confidentialité… pendant vingt ans.

Eviter le remake de 2009

En décembre 2009, la FTC avait reçu plusieurs plaintes après que le réseau social eut décidé de mettre en ligne par défaut certaines informations personnelles de ses membres. Facebook promettait «plus de confidentialité» et prétendait «permettre aux utilisateurs de mieux contrôler avec qui ils partagent» ces informations. Or, le paramétrage par défaut des nouveaux outils de sécurité instaurait un faible degré de confidentialité et les informations publiées étaient alors visibles par tous, alors que la plupart des membres du site ne prennent pas le temps de configurer leur compte. En mai 2010, le New York Times s’était même «amusé» à réaliser une infographie faisant apparaître les «50 paramètres avec plus de 170 options» disponibles sur Facebook uniquement pour la confidentialité…

Facebook, ce Big Brother

Depuis, Facebook a simplifié ses réglages de partage et de vie privée, désormais plus flexibles et ciblés. Mais le réseau social reste régulièrement accusé de jouer les Big Brother. Le service de géolocalisation «Lieux» (Facebook Places) est montré du doigt depuis son arrivée en octobre 2010. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) invitait alors les internautes membres de Facebook à la «prudence», estimant que la confidentialité n’était pas optimale.

Huit mois plus tard, en juin dernier, elle mettait en garde contre la reconnaissance faciale (d’abord activée sans l’accord préalable des utilisateurs): «N’importe quelle photo de vous pourrait devenir accessible à tous (…) Quand vous chargez une photo, on ne sait pas bien ce que Facebook en fait», avait déclaré à 20 Minutes Gwendal Le Grand, chef du service d’expertise informatique de la Cnil.

En septembre, c’est un blogueur, Nik Curbrilovic, qui a tiré la sonnette d’alarme. Il accusait Facebook de continuer à suivre les activités en ligne de ses utilisateurs, même une fois ces derniers déconnectés du site. Il écrivait alors sur son blog: «Chaque fois que je visite un site avec un bouton like, de partage, ou tout autre widget, l’information, y compris le numéro de mon compte, est envoyée à Facebook, même quand je ne suis plus loggé. La seule solution est d’effacer tous les cookies Facebook», ces fichiers stockés sur le disque dur par le navigateur Internet. Le réseau social s’est défendu en expliquant qu’il s’agissait «d'une mesure de sécurité et de protection, notamment pour identifier les spammers ou lorsque quelqu'un essaie d'accéder à votre compte.»

«L'ère de la vie privée sur Internet est aujourd'hui terminée»

Plus récemment encore, un Autrichien, Max Schrems, s’en prenait au réseau. Cet étudiant en droit a adressé 22 plaintes à l’autorité de protection des données en Irlande, où se trouve le siège européen de Facebook. Après avoir fait une demande officielle pour recevoir un CD avec un PDF contenant toutes les informations disponibles à son sujet sur le réseau social, il s’est rendu compte que rien ne disparaissait des serveurs du site, même après avoir cliqué sur «supprimer».

Au sujet de la conservation des données personnelles, l’eurodéputée socialiste Françoise Castex dénonce: «Facebook conserve sur le long terme les données de ses utilisateurs sans que ces derniers ne puissent donner leur consentement explicite à cette utilisation de leurs données, contrairement à ce que prévoit la directive européenne sur la protection de la vie privée.» Elle demande aujourd’hui à la Commission européenne de se prononcer sur la conformité du réseau social avec le droit de l’Union européenne, rapporte Generation-NT.

Voilà de nombreux aspects de la vie privée qui restent à encadrer sur le réseau social, et que l’accord Facebook-FTC sur la confidentialité ne prend pas en compte. Sans oublier le fait que Facebook pourra toujours trouver un moyen d'encourager à partager davantage chaque jour, puisque Mark Zuckerberg, le fondateur du site, est persuadé que «l'ère de la vie privée sur Internet est aujourd'hui terminée.»

Anaëlle Grondin
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