Le Kindle Fire, une tablette de 7 pouces dévoilée par Amazon le 28 septembre 2011.
Le Kindle Fire, une tablette de 7 pouces dévoilée par Amazon le 28 septembre 2011. - DR

Philippe Berry

De notre correpondant à Los Angeles

Ce n'est pas du feu, c'est de la dynamite. Mercredi, Amazon a dévoilé le Kindle Fire, une tablette de 7 pouces qui sera vendue à partir du 15 novembre aux Etats-Unis à 199 dollars (pas de date pour l'Europe). Un prix ultra-agressif –deux fois moins cher que l'iPad– qui traduit l'ambition d'Amazon: faire du Kindle Fire un produit de masse, là où les Acer, Archos et Asus ont échoué avec leur offre de milieu de gamme.

Le juste prix

Avec l'iPad, Apple a créé un nouveau marché qu'il contrôle à plus de 70%. Avec une tablette à 199 dollars, Amazon vient de le segmenter au katana et va faire rouler des têtes. Samsung, RIM, Motorola... Aucune constructeur n'est parvenu à concurrencer l'iPad en proposant une tablette Android à 500 dollars. En revanche, le TouchPad de HP a montré, en victime sacrificielle, que la demande populaire existait pour des tablettes plus abordables qui ne soient pas des modèles chinois au rabais.

Le Kindle Fire est un cousin du BlackBerry Playbook (même designer et constructeur) avec un écran de 7 pouces (dalle IPS), un processeur dual core de 1Ghz, 512 Mo de RAM, 8 Go de mémoire et un unique port micro-USB. La faible capacité de stockage est compensée par un hébergement gratuit de tous les contenus multimédia et des sauvegardes dans le «cloud». A 199 dollars, Amazon a fait quelques sacrifices: pas d'appareil photo ni de micro sur le Kindle Fire.

Mais comme Steve Jobs,le patron d'Amazon s'est à peine attardé sur les caractéristiques techniques, qui n'intéressent que les geeks. Selon Jeff Bezos, le Kindle Fire est d'abord «un service», une porte d'entrée vers le catalogue multimédia de l'entreprise, la seule solution clés en main capable de concurrencer celle d'Apple.

Offre multimédia musclée, paiement facilité

Amazon, c'est le plus large catalogue de eBooks, mais aussi des magazines, MP3 et vidéos. Avec le service Prime (un mois gratuit, 79 dollars par an), les utilisateurs ont également accès à une offre VOD en streaming et à une livraison gratuite en 48 heures pour les achats sur Amazon.com. Ces services existent sur les autres tablettes Android, mais ils sont ici davantage intégrés à l'OS. Surtout, pour ceux qui ont déjà un compte Amazon (plus de 130 millions actifs), les achats se font en un clic.

Sur tablette, Android, même Honeycomb, n'a pas encore réussi à séduire le grand public. Du coup, Amazon s'est appuyé sur l'OS de Google pour en cuisiner une version maison. L'interface n'a plus grand chose à voir mais semble léchée et réactive, notamment sur le navigateur qui externalise une grosse partie des calculs sur les serveurs d'Amazon pour une navigation plus rapide. L'Android Market store officielle est mise sur la touche au profit de la boutique maison d'Amazon. L'offre y est moins pléthorique mais bien mieux organisée. Comme chez Apple.

Le reste de la famille Kindle

Amazon a présenté trois autres modèles, eux 100% eReaders, avec la technologie e-ink:

  • le Kindle classique, désormais proposé à 79 dollars
  • le Kindle touch, à 99 dollars, qui va concurrencer le modèle tactile de Sony
  • le Kindle Touch 3G, à 149 dollars