Google+: Les points négatifs

WEB Bilan étape, un peu plus d'un mois après l'arrivée du réseau social de Google...

Anaëlle Grondin

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Les moins de Google+

Les moins de Google+ — PHOTOMONTAGE/20MINUTES.FR

Google+ est-il là pour rester? Peut-il trouver sa place entre Facebook et Twitter? A moins qu'il ne rejoigne le cimetière des expériences ratées de Google, quelque part entre Wave et Buzz? Cinq semaines après sa sortie, 20Minutes prend la température auprès des utilisateurs.

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Les premiers pas:

Les 25 millions d’internautes qui se sont déjà inscrits sur le réseau social du moteur de recherche américain n’ont pas pu y échapper: pour pouvoir être présent sur Google+, la création d’un compte Google est indispensable. Rien de très surprenant a priori, mais le fait que le contenu de Google+ soit ensuite lié à tous les services de Google, fait tiquer. «Google+ est assez cool, mais je ne suis pas sûr de vouloir que Google s'approprie ma vie entière avec un réseau social, la recherche, Gmail, Maps et Android», explique John, qui donne son avis sur la Toile. L’internaute oublie dans son inventaire Picasa, le service de partage de photos de Google, auquel l’utilisateur est obligé de faire appel s’il souhaite publier des images sur son profil… Centraliser ainsi ses informations personnelles? Beaucoup, comme Guillaume, qui n’a pas souhaité s’inscrire, ont répondu: «Non, merci».

Toujours sur ce même thème, Facebook est très décrié pour sa gestion de la vie privée, et en attendant de voir si Google essuiera les mêmes critiques dans les mois à venir, voici ce que les internautes peuvent lire dans les règles de confidentialité de Google+: «Nous enregistrons des informations relatives à votre activité, comme les posts que vous commentez et les internautes avec lesquels vous communiquez, afin d'améliorer les services Google que nous vous proposons. Il nous arrive également de collecter auprès d'autres internautes des informations vous concernant (…)». Et si vous comptiez prendre un pseudonyme pour y échapper, n’y pensez plus, c’est interdit.

Une fois connecté, la première chose à faire est d’ajouter des contacts dans ses «cercles» (amis, famille, boulot), sinon le réseau n’a aucun intérêt. Mais qui? Ceux dont on partage déjà le quotidien sur Facebook (encore faut-il qu’ils migrent à leur tour)? Ceux que l’on a envie de «suivre» comme sur Twitter (il est possible d’ajouter quelqu’un dans un cercle sans être «ami» avec lui)? Tout ceci est un peu confus, pense Yanis, un utilisateur: «Qu'est-ce que Google+ et comment se définit-il?» Une question pertinente.

Au jour le jour:

Après avoir rempli ses cercles, que faire sur Google+? Certains vantent «les hangouts», chat vidéo groupé pouvant accueillir jusqu'à dix personnes. Mais à part cette fonctionnalité innovante, «il n'y a rien d'autre à faire sur Google+ que lire, partager», estime Salvatore. Sauf que dans la majorité des cas, le contenu partagé se retrouve déjà ailleurs. «Comment différencier le contenu qu'on publie via Twitter, Facebook ou autre?», s’interroge Christian. Une autre internaute, Carole, a un compte Google+ mais consulte rarement le réseau: «Finalement je ne l'utilise pas parce que je ne sais pas quoi y mettre à part la même chose que sur Facebook».

Par ailleurs, ceux qui avaient déjà un compte Gmail avant de s’inscrire ont remarqué que le «chat» faisait doublon lorsque la messagerie et Google+ étaient ouverts en même temps dans deux onglets.

La valeur ajoutée de Google+ reste donc un mystère pour ces internautes, et ceux qui leur font remarquer l’ingéniosité des fameux «cercles» semblent oublier que la fonction existe déjà sur Facebook à travers les «listes», moins intuitives, certes. 

A contrario, il y a les utilisateurs hyperactifs, qui testent le réseau social. Mais ils deviennent vite une nuisance dans les «streams» (flux d’actualité) des autres, et il n’y a pas de moyen de masquer ces spams pour l’instant, sauf en cessant de suivre ces utilisateurs. Google va devoir sérieusement revoir ce point.

L’avenir:

Malgré tout, le Google+ que les utilisateurs connaissent n’est qu’une version bêta. Le réseau concentre pour le moment ce que l’on appelle des «early adopters» (utilisateurs de la première heure, souvent les plus technophiles), qui y resteront si davantage de monde s’inscrit. En outre, d’autres fonctionnalités devraient apparaître sur le réseau social dans les mois à venir et pourraient convaincre les plus réticents à condition de proposer du neuf.

Une crainte se fait toutefois sentir si le réseau décolle et parvient à bluffer les internautes: avec la formidable base de données que le géant américain est en train de se constituer, difficile à croire qu’il va rester vierge de toute annonce publicitaire ciblée ou application indésirable bien longtemps… comme celles qui horripilent les utilisateurs de Facebook.

Séduits, déçus ou indifférents, donnez-nous vos impressions sur Google+ dans les commentaires ci-dessous.

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