La neutralité du Net un peu plus menacée. Alors que certains pays comme le Chili et les Pays-Bas ont adopté des lois défendant ce principe d'un réseau Internet qui ne différencie pas les contenus circulant dans ses tuyaux, les opérateurs télécoms veulent sa peau. Le 13 juillet, 40 acteurs de l'industrie, dont Vivendi, Alcatel-Lucent et Deutsche Telekom, ont présenté onze propositions en ce sens à Bruxelles.
Le marchandage est simple: pour atteindre les objectifs fixés dans l'Agenda numérique de l'Europe par la Commission, qui prévoient notamment que tous les abonnés aient accès à un débit d'au moins 30 Mbps d'ici 2020, les opérateurs télécoms, qui doivent investir massivement, veulent avoir la liberté de proposer un réseau «différentié».
Dans ce modèle «bifaces», les opérateurs toucheraient des revenus à deux niveaux: du côté des abonnés, et du côté des fournisseurs de contenus. Particulièrement visés, les acteurs de la vidéo comme YouTube, qui représentent une large part du trafic Internet, fixe et mobile. Aux Etats-Unis, Netflix, qui propose des films en streaming, représente à lui seul 30% du trafic.
La Commission européenne, qui se réchauffe doucement à l'idée d'un libre marché des tuyaux, n'a pas encore dit oui. Neelie Kroes, en charge du numérique, a indiqué qu'il n'y avait pas encore «de consensus». Pour l'instant.