L'armée américaine construit un mini-Internet pour s'entraîner à la cyber-guerre

HIGH-TECH Afin d'être mieux préparée pour faire face aux attaques de hackers et de puissances étrangères...

Philippe Berry

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Membre de la Air Force Space Command Network Operations & Security Center dans le Colorado, centre chargé de mettre en place des systèmes de sécurité protégeant des cyber-attaques, le 5 octobre 2010

Membre de la Air Force Space Command Network Operations & Security Center dans le Colorado, centre chargé de mettre en place des systèmes de sécurité protégeant des cyber-attaques, le 5 octobre 2010 — REUTERS/Rick Wilking

De notre correspondant à Los Angeles

La guerre moderne aura-t-elle lieu dans le cyberespace? Le département américain de la Défense s'y prépare et a entamé la construction d'un mini-réseau Internet qui servira de terrain d'entraînement.

Baptisé National Cyber Range, le projet est financé à hauteur de 500 millions de dollars (350 millions d'euros) et supervisé par Darpa (Defense Advance Research Projects Agency), l'agence militaire high-tech dont les travaux sur le réseau ARPANET ont contribué à donner naissance à Internet.

Le modèle-réduit permettra aux chercheurs de mener des expériences en l'espace de «quelques jours au lieu de plusieurs semaines actuellement», explique le porte-parole de Darpa à Reuters. Des attaques domestiques et étrangères y seront simulées afin d'améliorer les capacités défensives et offensives des Etats-Unis.

Acte de guerre

Cette annonce intervient alors que les attaques des groupes de hackers Anonymous et LulzSec font la Une des médias. Début juin, un mémo de recherche du Pentagone expliquait que les Etats-Unis songeaient à classer certaines cyber-attaques (notamment celles visant des infrastructures) comme des «actes de guerre».

Dans la foulée, LulzSec a attaqué le site du Sénat américain puis celui de la CIA. D'autres raids ont visé Sony Pictures et l'entreprise de défense Lockeed Martin, les pirates dérobant au passages des données potentiellement sensibles.

Surtout, lors des dernières attaques, notamment contre Google, de nombreux doigts ont été pointés vers la Chine. Accusé à demi-mots d'entraîner des hackers à des fins d'espionnage industriel, Pékin a fermé un centre –officiellement illégal– l'an dernier. Mais cette guerre nouvelle n'est pas seulement l'apanage de la Chine ou de la Russie. Le ver Stuxnet, qui a frappé les installations nucléaires iraniennes l'an dernier, a sans doute été mis au point par l'Occident. La course au cyber-armement est lancée.