Salon du jeu vidéo de l'E3: Les gagnants et les perdants

JEU VIDÉO a grand messe de Los Angeles s'est achevée jeudi. Bilan à chaud...

Philippe Berry

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La nouvelle console de Nintendo, la Wii U, a été présentée pour la première fois au salon de l'E3 de Los Angeles le 7 juin 2011.

La nouvelle console de Nintendo, la Wii U, a été présentée pour la première fois au salon de l'E3 de Los Angeles le 7 juin 2011. — REUTERS/Mario Anzuoni

De notre envoyé spécial à Los Angeles

Deux nouvelles consoles, une douzaine de blockbusters, des elfes siliconées, une bande son oscillant entre du Black Eyed Peas et des chants grégoriens, quelques stars (Kobe Bryant, Ice-T)... L'E3 de Los Angeles, qui a refermé ses portes jeudi, est resté fidèle à sa réputation excessive. Que trouverez-vous sous votre sapin à Noël? 20minutes.fr fait le point sur les jeux de demain.

>Consoles portables

La gagnante: la PS Vita. Sony traverse une période difficile. Mais avec la Playstation Vita, le constructeur japonais propose une portable diablement bien finie. L'écran de 5 pouces OLED n'a pas grand chose à envier à celui d'un iPhone 4, la connectique est au rendez-vous (wifi, bluetooth, 3G optionnelle) et les premiers jeux comme «Virtua Tennis» ou «Uncharted» en jettent graphiquement. Disponible pour les fêtes (249 euros pour le modèle wifi, 299 euros pour le 3G wifi).

>> Retrouvez les images fortes du salon de l'E3 sur notre diaporama par ici

La perdante: la Nintendo 3DS. «Il faut lui laisser le temps», répète Nintendo, alors que les ventes peinent à décoller. Après avoir joué à une dizaine de jeux présentés, difficile d'être optimiste. Au mieux, la 3D n'apporte rien («Mario Kart», «Resident Evil», «Zelda: Ocarina of Time»). Au pire, elle fait mal au crâne après 10 minutes («Starfox», «Kid Icarus» en multiplayer) et on finit par la désactiver. Surtout, l'écran patit de la comparaison avec celui de la PS Vita. Trop petit, avec une résolution trop faible, il ne permet pas à la 3DS de se transformer en compagnon multimédia. Nintendo va devoir casser les prix pour rester compétitif.

>Consoles de salon

La gagnante: La Wii U. De prime abord, la manette géante et son écran tactile de 6,2 pouces intriguent. Entre les mains, elle se révèle finalement plus légère que redouté (retrouvez notre test complet de la Wii U par ici). Surtout, on peut jouer soit sur la télé, soit directement sur la tablette (le signal vidéo est transmis depuis la console). Les possibilités de gameplay entraperçues promettent une expérience originale.

>> Retrouvez toute l'actualité du jeu vidéo sur Afterparties, le blog de la rédaction de 20minutes.fr

La perdante: La Wii U. Dans une interview à news.com.au, le papa de Zelda, Shigeru Miyamoto, a laissé entendre que la Wii U ne supporterait qu'une seule manette/tablette par console (accompagnée de wiimote pour les autres). La puissance graphique reste, elle, un mystère. La Wii U passe à la HD et certaines démos techniques, comme celle de «Zelda», laissent présager d'un potentiel à peine supérieur à celui de la PS3 et de la Xbox 360. Les titres annoncés par les éditeurs-tiers restent pour la grande majorité des portages («Ninja Gaiden», «Darksides II», «Assassin's Creed»). Nintendo aura fort à faire pour convaincre les hardcore gamers de revenir au bercail.

>Les jeux

Les gagnants: Les suites. «The Elder Scrolls V», «Uncharted 3», «Battlefield 3», «BioShock Infinite», «Modern Warfare 3», «Gears of War 3», «Resistance 3», «Forza Motorsport 4, (on respire un coup), «Batman Arkham City», «Fifa 12», «Mass Effect 3», «Prey 2», «Zelda: Skyward Sword»... Aucun blockbuster n'a vraiment déçu. Plus grands, plus beaux, plus épiques, ces épisodes surnuméraires assurent le spectacle.

Le perdant: l'originalité. Yves Guillemot, patron d'Ubisoft, l'explique à 20minutes.fr: «C'est plus difficile de prendre des risques et de lancer de nouvelles franchises avec une génération vieillissante de consoles.» Du coup, dur de trouver du rêve ou de la poésie lors de cet E3.

Il y a bien «Rayman Origins» pour prendre le contrepied des blockbusters avec une 2D digne d'une bande-dessinée. Ou encore «Bioshock Infinite», qui se différencie des jeux de tirs «Michael Bay-esque» avec son univers steampunk ultra-coloré et «Tomb Raider» qui tente un reboot osé. Mais au détour des allées, aucune surprise, aucun titre enchanteur comme un «Ico» ou un «Okami» en leur temps. Peut-être l'an prochain?