- S. ORTOLA / 20 MINUTES

L'Américaine Marissa Mayer, 35 ans, est la première femme ingénieur entrée chez Google en 1999. Devenue vice-présidente, elle s'occupe aujourd'hui de l'expérience utilisateurs.

Pourquoi lancer maintenant un second mobile, le Nexus S?
Il était prêt! Cette collaboration avec Samsung intègre notre système d'exploitation Android et Google Maps 5.0, qui permet un tracé dynamique des cartes, avec 3D, zooms plus fluides et possibilité de consulter les plans hors ligne.

Après Chrome, navigateur Web, a été dévoilé le système d'exploitation Chrome OS...
Notre navigateur Chrome possède 120 millions d'utilisateurs. Nous étendons cette franchise à un système d'exploitation rapide et lié au Web.

Celui-ci utilise le «cloud computing» (stockage de données sur serveur), est-ce l'avenir du Web pour vous?
Avec nos ordinateurs en réseau, nous créons des superordinateurs. Quand un mobile sollicite ce «nuage», il amène leur puissance jusque dans la poche.

Y aura-il une tablette Google?
Nous avons un prototype de tablette!

Quels sont vos autres projets?
La recherche contextuelle qui ne nécessite ni parole ni écrit. Le mobile peut donner beaucoup d'infos sur vous... avec votre autorisation bien sûr...

Pourquoi Google met-il au point une voiture autonome?
Conduire une voiture, c'est chercher des infos: distance des autres véhicules, météo, direction.... Notre vocation est de donner des infos pour aider à prendre de bonnes décisions. Là, c'est une voiture!

Pour l'heure, votre présence sur les réseaux sociaux est faible...
Il y a les réseaux et le social. C'est le social le plus important. Notre priorité se situe dans la communication avec les amis, comment tirer profit de leur connaissance pour s'entraider.

La start-up d'achats groupés Groupon a refusé votre offre d'achat...

Je ne commenterai pas cette décision, mais nous avons eu une superbe année en termes d'acquisitions, comme AdMob, pour la pub sur mobiles. Nous sommes une firme qui avance vite dans un espace qui bouge très vite. Si nous sentons que développer un business en interne prendrait trop de temps, nous achetons!

Comprenez-vous l'enquête lancée par Bruxelles sur un éventuel monopole en matière de moteur de recherche?

Google a été le triomphe du choix des utilisateurs. On a évolué dans un contexte où on considérait que la recherche sur Internet était réglée, avec Yahoo!, donné vainqueur en 1998. Notre technologie de rupture peut mettre mal à l'aise.

Vos pubs télés ou dans les journaux, c'est pour changer votre image?
C'est plutôt une expression de nos valeurs, pour que les gens comprennent mieux les défis auxquels nous sommes confrontés.

Comment définir Google?
Une société qui aime utiliser la technologie pour régler les problèmes quotidiens des gens, qui aime prendre des risques et qu'ils soit payants, comme Android ou YouTube... ou pas. Une société qui fait avancer Internet.

Comment décidez-vous des changement du logo Google?
J'établis le calendrier avec les demandes des utilisateurs ou de nos bureaux. C'est difficile car on veut qu'ils soient positifs et consensuels. Notre logo interactif Pac-Man a été un vrai phénomène.

Utilisez-vous d'autres moteurs de recherche que Google?
Oui, car c'est mon job. En dehors, je n'utilise que Google. C'est le meilleur.

Pourquoi avoir conservé le bouton «J'ai de la chance» [qui ouvre la page en tête des résultats] sur le moteur?
Quand la société était petite, cela nous amusait. L'avoir gardé est une façon de dire que nous n'avons pas changé.

Sur le réseau Facebook, vous n'avez pas plus de 1.000 amis...
J'ai pour principe de ne jamais accepter de gens que je n'ai pas rencontrés de visu.

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