L'iPad, l'ordinateur le plus fermé jamais créé?

HIGH-TECH Encore plus que pour l'iPhone, Apple essuie des critiques pour le contrôle absolu qu'il exerce sur sa machine...

Philippe Berry

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L'iPad, la tablette dévoilée par Apple le 27 janvier 2010

L'iPad, la tablette dévoilée par Apple le 27 janvier 2010 — Apple

De notre correspondant à Los Angeles
 
La Free Software Foundation est remontée. «iPad is iBad for freedom» («l'iPad est mauvais pour la liberté»), écrit-elle dans un communiqué. Pourquoi? Car «c'est la première fois dans l'histoire de l'informatique qu'un PC requiert l'autorisation du fabricant pour installer tout nouveau programme», attaque l'organisation. Problème: Apple a plutôt la loi américaine avec lui.
 
Tout revient encore une fois à l'app store d'iTunes, la plateforme où sont distribués les programmes pour l'iPhone ou le futur iPad. Apple y exerce un contrôle total, approuvant ou rejetant chaque application, dans un processus souvent critiqué pour sa lenteur et son manque de clarté.
 
Microsoft ironise
 
«C'est quand même un monde très drôle que celui où Microsoft est plus ouvert qu'Apple», se moque Brandon Watson, directeur de la plateforme de développement du groupe dans une interview à Technologizer. En effet, si Microsoft décidait d'interdire tel ou tel programme sous Windows, il ferait sans doute face à un soulèvement mondial.
 
Apple a régulièrement défendu son processus, affirmant que 96% des applications sont approuvées. Selon l'entreprise, il s'agit surtout de préserver la confiance entre l'app store et les utilisateurs. En clair, un contrôle dictatorial permet de limiter au maximum les programmes dangereux (virus, spyware) ou au contenu discutable (pornographie).
 
Ce que dit la loi
 
Pour beaucoup, le fait de tout passer au filtre permet à Apple, qui touche 30% du prix de vente de chaque application, de limiter son exposition à des poursuites judiciaires –si des programmes violant la loi y étaient commercialisés.
 
L'argument ne tient pas, explique à 20minutes.fr Eric Goldman, le directeur du High tech Law Institute de l'Université de Santa Clara, en Californie. «C'est complexe, mais en substance, Apple ne peut être tenu responsable pour un problème sur une application développée par un tiers-parti, même s'il touche une commission.» En revanche, «un marchant a complètement le droit de refuser de vendre ou distribuer un produit dans sa boutique», explique Eric Goldman.
 
Quid de l'ouverture et de l'intérêt du consommateur; qu'Apple ne défend pas toujours (en rejetant l'application Google Voice, par exemple)? «Ça n'a aucun rapport avec la loi. C'est juste une question de philosophie», conclut l'expert. Sans compter que les développeurs ont toujours la possibilité de développer des web-applications, sur lesquelles Apple n'a aucun contrôle.
 
 
Exercer un contrôle est commun pour des appareils électroniques (iPod, téléviseurs, téléphones) mais beaucoup moins pour des ordinateurs. L'iPad étant un hybride, quelle philosophie Apple devrait-il adopter? Dite-le nous dans les commentaires ci-dessous.

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