La tablette d'Apple va-t-elle secouer le marché de l'édition numérique

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Publié le 20 janvier 2010.

MEDIA - Apple tiendrait une série de réunion secrètes avec les principaux éditeurs américains. Mais Amazon ne compte pas se laisser faire...

De notre correspondant à Los Angeles
 
N.B.: ne pas confondre les eReaders (lecteurs de livres numériques, c'est à dire l'appareil) et les eBooks (les livres électroniques, à savoir le contenu)
 
Certes, Apple n'a toujours pas officialisé l'existence de son bébé. Mais sauf tremblement de terre, la compagnie dévoilera au monde sa tablette le 27 janvier. Que peut-on faire avec une sorte d'iPhone à l'écran grand comme un petit ordinateur portable? Regarder des vidéos, surfer sur le web, jouer. Et sans doute lire des livres et des magazines.
 
Une série de réunions secrètes se tiendrait en ce moment à New York entre Apple et les six principaux éditeurs américains, selon Publisher Marketplace. Le Wall Street Journal confirme que HarperCollins en fait partie. Dans un entretien au Guardian, Richard Charkin, le DG de Bloomsbury Publishing, se réjouit de l'arrivée d'Apple sur le marché: «C'est formidable. Les livres électroniques connaissent déjà un certain succès avec le Kindle. Mais ceci devrait accélérer la tendance.»
 
Echaudés par la musique
 
Mais tout le monde n'est pas aussi enthousiaste. «Ce n'est pas aux fabricants de lecteurs numériques de dicter le prix des livres numériques en France. Faute de quoi, on risque d'être pris au piège, comme l'a été le monde de la musique avec l'arrivée d'un acteur qui a imposé son prix en mettant en péril toute une profession», confiait le PDG de Hachette Livres Arnaud Nourry au Figaro, lundi.
 
En clair, Arnaud Nourry et beaucoup d'autres dans le monde de l'édition veulent éviter un monopole d'Apple/iTunes sur la vente de livres électroniques, où un seul acteur contrôlerait de bout en bout le format d'un livre, sa distribution/vente et surtout son prix.
 
Format ouvert ou fermé
 
A la place, Nourry a proposé aux principaux éditeurs français fin 2009 de mettre en place une structure commune. Le modèle serait le suivant: une plateforme unique disposant du catalogue de tous les éditeurs –qui contrôlerait le prix– alimentant tous les libraires en ligne (Fnac, Amazon, iTunes) avec des titres lisibles sur tous les lecteurs (Kindle, Sony Reader, Apple Tablet etc).
 
Encore faut-il que tout le monde accepte un format non propriétaire et universel. C'est le cas de Sony, qui a adopté l'ePub (une sorte de mp3 de l'édition). Mais pour l'instant, Amazon ne veut pas en entendre parler. A titre de comparaison, il a fallu six ans à Apple avant de renoncer à protéger ses fichiers musicaux par des DRM sur iTunes. Le temps d'établir son monopole.
 
Aux Etats-Unis, le marché de l'édition numérique a décollé en 2009. Selon les estimations, il s'y est écoulé trois millions de eReaders l'an dernier, dont la moitié de Kindle –Amazon ne communique pas ses chiffres. Cette année, les ventes de eReaders pourraient monter à 10 millions d'exemplaires. Face à l'arrivée d'Apple sur le marché, Amazon vient d'annoncer qu'il baisserait les royalties qu'il prélève sur la vente de chaque livre à partir du 30 juin. La réponse d'Apple est attendue le 27 janvier.
 
A encombrement égal, préférerez-vous lire sur un eReader (rendu proche du papier, longue durée de vie, mono-usage) ou sur l'un des nombreux modèles de tablet-PC attendus en 2010 (écran brillant mais machines multifonctions)? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous.

Philippe Berry
Emploi

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