Cyber-attaques contre Google: des experts accusent les autorités chinoises

SECURITE Selon leurs premières observations, l'attaque est trop sophistiquée pour être due à un simple pirate...

Philippe Berry

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Le siège de Google à Pékin, couvert de fleurs après que l'entreprise a annoncé qu'elle ne comptait plus censurer les résultats de son moteur de recherche, le 12 janvier 2010

Le siège de Google à Pékin, couvert de fleurs après que l'entreprise a annoncé qu'elle ne comptait plus censurer les résultats de son moteur de recherche, le 12 janvier 2010 — REUTERS/J.LEE

De notre correspndant à Los Angeles
Un célèbre adage diplomatique américain dit «Parle doucement mais porte un gros bâton». Depuis mardi, tout le monde marche sur des œufs suite à la révélation par Google des cyber-attaques dont il a été victime avec une vingtaine d'autres compagnies en Chine.
 
Certes Google a expliqué que l'attaque semblait avoir visé des comptes Gmail de militants des droits de l'homme. Oui, il en a profité pour menacer de se retirer de Chine si les autorités n'assouplissaient pas leur politique de censure. De son côté, Washington a également indiqué vendredi qu'il allait demander «dans les prochains jours» des explications à Pékin pour savoir si les autorités comptaient «enquêter et engager des poursuites». Mais toute le monde s'est bien gardé d'accuser le gouvernement chinois directement.
 
D'autres ont moins de réserve. Carlos Carillo est un consultant pour Mandiant, un groupe spécialiste en cyber-sécurité. Google a fait appel à lui et d'autres pour enquêter sur l'attaque. Il livre ses premières conclusions à Computer World. «La qualité du code pointe-t-elle vers un support des autorités chinoises?» «Je dirais que oui», répond-il. Selon lui, le malware utilisé lors de l'attaque «est unique», l'un des «plus sophistiqués» qu'il a vus depuis des années.
 
Des attaques courantes
 
Contacté par 20minutes.fr, Mandiant s'en tient à ce premier diagnostique. L'entreprise précise que «l'attaque est du niveau habituellement visant les Etats, pas les entreprises». Même son de cloche chez McAfee, qui précise qu'une faille jusqu'ici non connue dans Internet Explorer aurait été exploitée –d'autres vecteurs semblent également avoir été utilisés.
 
Un point est troublant dans l'histoire. Google dit avoir contacté d'autres entreprises touchées, et personne n'a semblé vouloir parler publiquement de l'affaire. De telles attaques arrivent régulièrement mais sont gardées sous silence, explique à 20minutes.fr un expert en sécurité qui souhaite rester anonyme. Contre des entreprises, mais aussi des pays. Les Etats-Unis, la France, et Chine ou la Russie: tout le monde dispose de cyber-espions, selon lui.